Dans la nuit profonde qui régnait encore, l'homme se prit à penser. "En quoi se dit-il cette nuit est-elle différente des autres ? Le ciel est beau. Le temps est doux pour un mois de décembre. Le chien ne s'est pas réveillé. Le chat à voulu sortir puis a voulu rentrer. Les objets sont chacun à leur place." . Il ne se sentait pas bien. depuis quelques jours :une de ces mauvaises grippes qui ne veulent pas se déclarer. Un "truc" qu'on a récupéré quelque part, on ne sait où, pas assez grave pour qu'on le soigne mais qui vous laisse entre deux états, sans grande énergie. Il s'était levé, la dernière fois de l'année. Et alors ? Demain le monde serait le même, ou plutôt serait de nouveau différent et de nouveau désirable.
Hier avait été doux. aujourd'hui le serait sûrement. Cette nuit on rejoindrait quelques amis pour céder à ce doux rite de se retrouver pour fêter le nouvel an. Se retrouver : un verbe qui se suffit. Se retrouver avec les autres. Quelques heures passés, côte à côte, à parler ou à se taire. Présence.

Il fit le tour des voeux. De ceux qu'il avait reçu. De ceux qu'il envoyait. Ne manquer personne. Savoir qu'on en manquerait, que les oublis, les humeurs de la poste, les changements feraient que quelques uns se demanderaient :" Pourquoi nous a-t-il oublié ?". Il aimait ces rendez-vous que l'année apporte, ces dates où pour une raison convenue on se rappelle les uns aux autres. Il n'était pas très doué pour les conventions. Il venait d'un monde où on disait que tout cela était du vent, de la pacotille. Il avait fallu du temps pour qu'il comprenne que ces fêtes étaient tout simplement des raisons de plus de dire "je t'aime" . Ne jamais rater une occasion.

Hier il avait croisé Margot, un de ses santons. Elle pédalait sur son vélo. D'ordinaire il ne la voyait que s'appuyer dessus comme sur une canne. Hier elle pédalait, fièrement. Il la découvrit sous un nouveau jour. sorte de santon amazone. Il avait fait le tour du marché. Il était resté longtemps au stand de fruits et légumes. Le marchand est un vieil arabe. Il a ,par sa bonne humeur, peu à peu rallié tous les habitants du village. La file d'attente était longue et les conversations savoureuses. Des rires, des éclats de voix. On s'interpelle. On se chahute. On parle du réveillon. On achète. Les plus timides sourient, écoutent.

Hier encore, il avait assisté au dernier mariage de l'année. Une belle église au pied du Ventoux. Un mariage d'autrefois. Une jolie jeune fille blonde qui épouse un officier en uniforme. Une voute d'épées. Des ribambelles d'enfants. Des tentes. Des amis retrouvés.Bien sûr quand on retrouve des amis, on s'aperçoit qu'il en manque. on se dit qu'ils auraient aimé être là, que c'est la vie, que tout ça a quand même un sens. Un moment hors du temps. Dehors un feu de camp où se retrouvent les fumeurs ou les amoureux de la nuit et du ciel. Un ciel de lune et d'étoiles. Un de ces mariages qu'il aimait. On est nombreux mais on n'est pas riche. alors on fait, on imagine, on s'organise.

Finalement une journée ordinaire qui s'annonce. sauf qu'il ne travaille pas. il ira chercher du bois. Il sortira dans la campagne. Il lira. Ce sera du repos. Ce sera simplement un jour ordinaire.

Sauf que c'est le jour où, il va dire à tous ceux qui le lisent qu'il leur souhaite le plus grand bonheur pour l'année à venir. Il y en a mille qui leur diront mieux que lui. Il y a ceux qui seront à leurs côtés. Ce n'est pas grave. Il ajoute ses modestes voeux aux autres. Il leur souhaite de voir le bon, de voir le doux, de sentir la tendresse, et de savoir, si c'est la nuit qu'elle n'est que promesse de lumière. Il les embrasse comme ils embrasse ceux qu'il aime. Il sait que le monde de demain sera celui d'aujourd'hui "en mieux", peut-être. Il ne sait pas encore pourquoi.

Alors mes amis, lecteurs fidèles, que 2013 vous comble, vous, ceux que vous aimez...et que ceux qui ne vous aiment pas (si, ca existe), apprennent à vous connaître et donc à vous aimer.