Se lever en se disant que décidemment l'hiver ne vient pas, que le temps est doux, que c'est une bonne chose. Que la maison n'est pas encore vide. qu'il faut aller travailler mais que ce soir ses fils ne seront pas encore partis. Il y aura une soirée encore et un repas. Se dire que cette grande pause, encore une fois a apporté son lot de bonheurs divers. La tête se remplit de souvenirs.

Se dire qu'il est bon de se remettre au travail aujourd'hui. Que ça tombe bien. Que c'est encore le meilleur moyen de mettre un vrai terme à ce virus qui trouble les jours et les nuits. C'est le travail qui le vaincra. c'est le corps qui dira "Non !" à la fatigue. Qui ajoutera " Laisse-moi tranquille. Va au loin. Mes bras ont besoin de forces pour lever les charges. Mes jambes doivent rester droites. Part au diable, virus de malheur."

Savoir qu'on va retrouver une grande maison qu'on aime améliorer. Installer une fenêtre dans la pièce trop froide et délaissée. Remuer l'eau et le plâtre. Demain ce sera de nouveau le repos. Il faudra se préoccuper alors des voeux de la famille : recenser les bonheurs de l'année; recueillir les bons mots, les bons souvenirs;savoir leur dire ce que l'on est devenu ; rassurer des inquiétudes.

Puis il faudra se mettre en quête de nouveaux clients, de nouveaux chantiers. Le carnet se vide. Il faudra solliciter de nouveau Madame Providence.

Il faudra aussi la semaine prochaine partir et marcher pour dire aux hommes :"Assez de vos folies. Revenez sur la terre. Cessez de dénaturer les lois. Appelons un chat un chat." D'ailleurs, il faut que je lui écrive avant qu'il ne commette une erreur.

....En attendant, l'heure tourne. Il faut partir. Se préparer. Préparer les outils.

Bonne journée à vous tous.