L'homme s'est assis devant son clavier. Il a mauvaise conscience. Non pas une de ces vraies mauvaises consciences qui vous minent et vous tiraillent quand vous devriez travailler et que vous restez désespérément paresseux. Une petite mauvaise conscience de ces temps de vacances. On s'était dit : " j'irai courir. Je perfectionnerai mon anglais. Je bricolerai chez ma fille." Et puis, à peine arrivé, ces volontés deviennent velléités avant de disparaître totalement. C'est le temps béni des vacances. On regarde grandir deux petites princesses et un gentil chevalier. On s'attendrit. On imagine demain. On savoure aujourd'hui. Les surprises succèdent aux surprises. Des vacances dans les vacances, un aller-retour à Puerto-Rico, une ville de pirates et de rêves. On se remplit la tête d'histoires et d'inventions. On prend forts et citadelles imprenables. On arrive la sans bruit , par la mer. On monte à l'assaut des remparts.

On traîne dans des quartiers si latins qu'on ne sent plus le chaud. On revient. On repart. On visite un musée d'une autre forme de rêves : le cirque. On entend le bruit des animaux, de la piste, des acrobates. On suit la parade. On a peur pour les acrobates ou les hommes-canons. On rit des clowns. On s'émerveille de la beauté des choses et du talent des gens. On regarde aussi les envers des décors, les machinistes, les artisans, le menuisiers, les forgerons. On s'extasie que par le cirque des hommes aient pu devenir aussi riches. Pourquoi ? Comment ? Dans ce pays décidément tout est argent ou devient argent. Ma foi peu importe !

Et tourne le temps, le temps de l'arrêt, le temps des vacances. Une ronde qu'on ne veut pas arrêter. On s'etait promis aussi d'écrire quelques articles : ils dorment dans un coin de la pensée...entre deux rêves. On ne va plus ou guère sur les blogs amis. On se réserve. On oublie presque cette loi de ce pays devenu lointain en quelques jours. On attendra un peu. On reprend des forces. De temps en temps, un écho lointain nous dit que , chez soi, la-bas, rien ne s'arrange que le mépris succède au mépris. Mépris de qui d'ailleurs ? De quelques malandrins qui se révèlent au jour le jour par leurs bassesses et leurs compromissions. Mais ce n'est vraiment pas ici à l'ordre du jour.

Devant la porte de la maison vient de passer une famille de paons : un bouquet en promenade. Aujourd'hui on se repose. Demain peut-être sera-t-on courageux....peut-être.

Et toi mon ami qui aujourd'hui me lit et envie peut-être ce temps de paix et de repos, je sais que viendra ton tour et qu'à l'heure où ce sera pour toi le temps de ne rien faire, j'aurai plaisir à savoir que tu penseras à celui qui aujourd'hui écrit mais qui aura alors repris le chemin du labeur.