Un morceau de mur aux pierres apparentes. On est déjà sous l'escalier qui monte à l'étage. Un peu en retrait une petite table roulante blanche. Non! Plutôt une petite étagère à roulettes qui supporte quelques machines de cuisine, un panier de métal plein d'oeufs, deux corbeilles d'osier. Sur le côté sont suspendues louches et cuilléres. Encore au dessus un petit meuble, juste destiné à contenir ce qui est nécessaire aux petits déjeuners. Il est aussi le support de quelques jolies boîtes alimentaires vides posées là, juste parce qu'on les aime.

Le regard continue sur la droite.

On revient au premier plan. quatre volets de bois repliés sur eux mêmes forment une sortent de paravent. Il sert parfois, deplié, à séparer cuisine et salle à manger. Quelques volets intérieurs ,assemblés et peints à la hâte pour un repas de fiançailles. On les a aimés. Ils sont restés. Sur le paravent, une guirlande nous souhaite depuis un an ....un joyeux Noël. On n'a pas eu le cœur de la retirer. Quelques photos d'enfants, de paysages simplement posés sur un joli ruban et retenus par des adhésifs colorés. De l'amour en guirlande.

Derrière c'est l'escalier. On le voit peu. Il reste dans l'ombre de la pièce, juste éclairé par les lampes du matin qui servent juste à lire, à ecrire et à rêver. Il est solide, en ciment, sans rampe. " Tu n'as pas peur qu'un jour, un de tes enfants tombe ?". Non, pas un n'est jamais tombé. Une seule fois une aînée ,un peu trop curieuse, assise sur le bord, s'est trop penchée. On l'a retrouvée un mètre plus bas. Elle avait traversé une desserte de verre sans dégât....pour elle. On l'a consolée. On a réparé la desserte brisée.

Tout est blanc, les meubles qu'on a vu, le paravent, l'escalier, les murs...la chaux s'écaille cependant. Il faudra la refaire au printemps quand les murs seront plus chauds et moins humides.

Chaque marche est recouverte d'un vieux carrelage épais entouré d'un nez de marche en chêne." Tu te souviens mon cher Patrick de cette pose qui nous coûta autant de vieux whiskys que d'énergie, le soir après le travail ?"

Le regard ne monte pas plus haut. On aperçoit juste quelques objets dand l'ombre qu'on détaillera un autre jour.

Et le regard continue sur la droite, les marches du bas. Le gros vieux chat s'y est posé qui me regarde écrire sur la tablette. " Décidément bizarre ! Ce maître. D'ailleurs les hommes en général ne sont-ils pas étranges ?"

il tourne la tête dédaigneux.

Un peu en contrebas, un vieux prie-dieu de paille sert de support à Son sac. Un beau sac de cuir orange, ouvert. On devine un beau désordre féminin. Accroché sur le côté, un autre sac de cuir noir à la bandoulière élimée lui sert à lui sur ses chantiers, un téléphone, un portefeuille, un carnet de moleskine serré par un élastique, quelques pièces, les clés des maisons où il vit  et où il travaille, un désordre de travailleur plein de poussières de chantier.

Mais deja le regard s'arrête. Le rêve se pose. Il faut se préparer. 

Le corps s'est allégé. Le coeur s'est enrichi. Il est maintenant possible d'affronter le jour et ses tâches. ce sera le labeur et le soir reviendra. Ce soir on retrouve des amis. de vieux amis. Beaucoup d'amis. On parlera. On échangera. On priera autour de la grosse cheminée de pierre. On se retrouvera à rire longtemps, souvent, à parler haut et fort. On reviendra tard dans la nuit....et ce sera déjà un autre jour.

Bonne journée, ami(e) lecteur(rice).

 

 

 

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