Et puis j'ai repris la plume que j'avais laissée au repos.J'ai fait l'appel des mots. Ils ont répondu "présents" et ils sont là humbles et fidèles pour partager avec vous un mois de silence.

Des frères et sœurs retrouvés, une escapade en Sologne, la rencontre avec un enfant guéri, le pain quotidien, quelques petits soucis de santé, une grosse pluie, l'automne qui arrive, l'arbre qui perd ses feuilles, quelques gros livres avalés, et toujours ce trésor de découvrir les autres, dans la rue, dans la vie quotidienne, dans le pain partagé, dans les idées qui fusent et dans les rires aussi. Et cette belle journée de souvenir autour de l'image présente d'une jeune fille blonde enlevée au monde  vingt ans plus tôt à l'âge des rires et ces amis forgés autour de la peine.
Il y a trois petites histoires pour enfants écrites par un grand-père pour aider tant soit peu deux femmes courageuses. Elles sont là. Suivez le lien ci-dessous et allez commander sur internet ces pochettes magiques qui rendent les enfants plus sages et les parents plus grands.
Vivre quelques heures avec un fils de passage, quelques amis hébergés le temps d'une nuit et d'un petit déjeuner. Partager l'expérience de la création d'une entreprise. Suivre avec un peu d'inquiétude ces élections bizarres dans un pays d'Afrique. Craindre pour son enfant. 
Craindre aussi pour son propre pays livré à des hommes incompétents qui n'aiment pas leur prochain et qui probablement ne s'aiment pas eux-mêmes. Se dire que ce n'est pas ça qui compte mais le pain quotidien, mais le sillon qu'on trace dans la terre sans se décourager, le petit geste du jour, le mot qui apaise et console et le sourire donné et le sourire reçu. Et la belle endormie à mes côtés depuis de nombreuses années et pour des années encore. Et le soleil qui rit dans le ciel de Provence.
S'attrister un moment sur sa propre médiocrité mais se souvenir avec bonheur de ce qu'est la Miséricorde. Faire un pas puis un autre. Et le mur se construit et chaque mètre  gagné est une victoire supplémentaire. Rêver de projets nombreux malgré le temps qui passe vite. Avoir envie d'aimer, de marcher, de sentir
Se lever joyeux pour ouvrir un à un les volets sur la cour au delà de laquelle vit le jardin, petit mais tellement généreux. Les dernières tomates sont énormes mais elles ont trop peu de soleil maintenant pour rougir. Je vais devoir arracher. La terre maintenant se repose. 
Il y a eu aussi les grosses pluies et le toit qui fuit et le frère attentif qui évita l'inondation. Et puis il y a vous, il a toi, qui vit aussi ta propre vie, parfois loin de la mienne, lié avec moi par les liens du sang, de l'amitié ou parfois de la seule rencontre. Il y a vous....il y a toi, qui porte aussi sa charge, ses propres découragements, ses propres peines, sa propre difficulté à s'aimer et à se construire. J'ai envie de te dire À ton tour de regarder celle qui dort dans ton lit, dans ton cœur ou qui habites tes rêves ou tes souvenirs. Regarde ton village, ta rue, ton voisin, ton chemin, tes volets que tu ouvres, ta rue qui s'anime...et sens-toi riche aussi.
Il y a le village qui m'entoure et qui se réveille aussi et dont j'apprends à connaître chaque champ, chaque sentier, chaque rigole....chaque habitant.
Et puis il y a Dieu, que parfois tu ignores ou que tu ne veux pas connaître, qui regarde tout ça avec bienveillance dans le mystère de notre propre ingratitude. Ce Dieu qui donne et qui rend bien plus qu'au centuple et avec tant de bienveillance.
Alors toi qui me lit avec bienveillance cette journée qui commence je veux la partager avec toi. Je te souhaite une bonne journée, heureuse et féconde.