Je crois que c'est normal. Demain dans la nuit nous laisserons ici, enfants, petits-enfants et vacances. Nous regagnerons nos pénates et retrouverons notre belle terre de Provence.

Parfois on se laisse prendre au charme d'un nouveau pays et celui ci est bien étrange, si récent, si riche qu'on a l'impression que rien n'y est impossible. On construit partout des choses impressionnantes et notre gendre a bien voulu hier, nous faire visiter l'immense chantier de ce métro si grand, si vite construit avec une telle profusion de moyens techniques et humains qu'on se croirait dans un autre monde, une autre dimension. Nous avons rencontré beaucoup de monde, des expats bien sympathiques, amis de nos enfants, vivants à l'autre bout du monde des vies de travail et de famille. Nous avons croisé souvent ces Qataris plutôt hiératiques dans leurs belles tenues blanches le plus souvent pour les hommes, noires et totalement voilées pour les femmes. Nous avons croisé ces autres expatriés plus pauvres venant de pays difficiles  gagner avec beaucoup de courage leur pain quotidien : indiens, indonésiens, africains, pakistanais, philippins. Tout le monde semble s'être donné rendez-vous pour construire un nouveau monde. Cet enthousiasme est bien sympathique. Il cache sans doute des failles, des injustices mais qu'il est doux de sentir cette activité. On est loin de la vieillesse de notre vieux continent et de ses caprices d'enfant-gâté. J'ai même aimé à l'aube entendre l'appel à la prière dans le silence de la nuit....même si ce n'est pas celle de ma religion. Je retourne dans un pays où même le joli bruit des cloches de nos églises qui rythment les heures est contesté au nom d'une sainte laïcité devenue religion d'état. 
J'ai aimé n'entendre que de loin le bruit des politiques de chez moi, girouettes appliquées à rechercher le vent de la petite opportunité, du petit profit égoïste, au mépris du bien commun.
J'ai pris un peu le vent de mon pays ce matin en passant à l'ambassade de France, histoire de sentir un peu de ses odeurs. 
Mais rassure-toi, ami lecteur, mon pays, je l'aime d'un amour  très fort et j'ai hâte de retrouver tous ceux que j'ai laissé là-bas.
Mais c'est la veille de partir et c'est bien normal un petit coup de bourdon....