Juste parce que c'est un lundi matin ordinaire, je me suis levé encore plus tôt que d'habitude. Je le suis dit une fois de plus que c'était trop tôt, pas raisonnable, mais il y avait en moi comme un petit diablotin (ou un petit ange) qui me disait :"Vas-y !"

Alors je me suis levé. J'ai passé en silence la porte de la chambre que j'ai refermée pour qu'elle n'entende pas les bruits de la maison qui se réveille... un tout petit peu. J'ai ouvert les volets et allumé les lampes au fur et à mesure que je traversais les piéces.
À chaque volet ouvert, en regardant le ciel, j'y découvrais un éclat un peu different.
Dans ma tête en même temps, les petits anges familiers de ceux que j'aime (ou que j'ai aimé) défilaient sans cesse en arrière plan dans la même confusion souvent joyeuse parfois un peu inquiète des pensées qui s'agitent en tous sens.
C'est dans cet état que je rejoins le salon, puis l'angle gauche du canapé, face à la cheminée éteinte. À droite et à gauche les deux portes-fenêtres me permettent en un coup d'œil de voir où en est le lever sur soleil. À gauche c'est une cour, seul me parvient une lumière un peu faible. À droite viendra, de l'orient, passant au travers du jardin ,d'abord un peu de lumière, puis les premiers rayons de soleil sur le toit et les murs du hangar.
Ces derniers jours ont été riches de nouvelles : beaucoup de bonnes, quelques-unes mauvaises qui créent l'inquiétude, le souci ou simplement l'attente patiente d'un mieux ou d'un meilleur.
Beaucoup de travail dans le jardin et la maison : le printemps revient. Il ne faut pas qu'il nous surprenne. Les arbres doivent être taillés et il a même fallu raccourcir le grand mûrier de Chine qui menaçait de se fendre. Il y a peu d'arbres dans mon jardin mais ils méritent notre affection par leur ombre si douce et leur présence apaisante. Et puis il y a ce petit carré potager qu'on démarre avec un ami à l'extérieur du village : une autre aventure.
Donc une semaine de "beaucoup de travail", émaillée de longues marches à deux, aux abords du village. Un hier calme : notre petite messe chez les moines. L'église pas trop remplie. Pas de touristes ni de vacanciers. Un déjeuner improvisé avec de bons amis, au soleil, dehors sous la vigne vierge où seules les ombres des branches tamisent un peu la lumière. Deux petits enfants délicieux, une jeune femme qui révise un concours dans le havre de paix qu'est la maison de ses parents. Le temps qui passe. On passe en revue ces derniers morceaux de temps. On s'informe des uns et des autres. Dans la procession des amis certains retrouvent une place car leur image est rafraîchie par l'échange ou parce qu'une joie ou une peine particulière les ramène au premier plan.
Ce matin joyeux, la semaine va reprendre. C'est une semaine où elle travaille. C'est une semaine que je partagerai entre mairie et maison, une semaine d'attente.
Je commencerai en allant suivre l'avancement d'un chantier, puis j'irai aider à la construction des cabanes et l'après-midi me reverra dans mon jardin.
En attendant, j'écris ces quelques lignes, et continue la revue de mes âmes familières.
Tiens ! Il fait jour. Les branches qui manquent au sommet de l'arbre m'ont dégagé la vue sur un nouveau morceau d'espace. Je te laisse, ami lecteur, il y a tant à faire.
Bonne semaine. Que Le Bon Dieu te garde en paix et en santé !