Nous étions rassemblés hier pour une messe d'actions de grâces, deux semaines après notre retour de ce beau pèlerinage. Imaginez une belle maison en Provence, les communs d'une belle bâtisse construite à la fin du XIXème siècle dans un très joli parc ombragé de platanes. La maison joliment restaurée ne manque pas d'allure et nous nous y retrouvons avec grand bonheur.
Rendre grâces en effet pour ce merveilleux pèlerinage qui a laissé une trace profonde en chacun d'entre nous. Tout s'est merveilleusement passé et chacun y a été touché d'une grâce particulière. Il nous fallait aussi remercier l'ami qui organisa tout ça pour nous. Figurez-vous, chère petite sœur Tana, que vous avez été souvent citée, votre merveilleuse maison bien sûr, mais vous aussi, belle personne, qui avez su toucher nos cœurs et nous convaincre de vivre chacun notre Nazareth dans nos propres familles.
Il est sûr qu'il est peut-être plus facile de rendre grâces dans ce cadre étonnant de verdure où le printemps n'en finit pas d'éclater de partout, avec de bons amis, dans un monde qui nous semble bienveillant.
Il est curieux de voir la variété de souvenirs, de sensations ou d'émotions rassemblés par nous tous. De la profondeur du desert, à la découverte d'une source, en passant par tous les sentiments propres à chacun des lieux traversés. La mémoire déjà s'affole qui mélange dans ma tête les endroits et les moments. J'essaie de prolonger ces instants en parcourant les photos et en continuant d'explorer les guides de papiers.
Le souvenir s'estompe mais la marque est profonde et donnera peut-être à nos vies un sens nouveau. C'est assez étrange cette religion où l'on passe son temps à se convertir et à se convertir à nouveau. Rien n'est jamais acquis et l'image de ce peuple hébreu, tour à tour fidèle et rebelle, est un bon raccourci de nos propres vies.
La nuit a été courte. La vie est là pour nous rappeler ces propres exigences. Et je n'arrive pas à revenir dans ce monde.
J'ai beaucoup de mal à comprendre comment ma propre religion peut-être parfois l'objet de véritables haines et ce combat incessant qui lui est fait au nom d'une prétendue liberté. C'est pour moi un des mystères qu'elle engendre. Mais ce matin, dans mon pays en proie à de vraies inquiétudes, la solidité de la foi apparaît comme un solide appui.
Mais je t'ennuie peut -être, ami lecteur, et à la veille de ce week-end tu attends sûrement de moi un peu plus de légèreté. Je te comprends et je m'en excuse. Je te promet de redevenir plus léger, de te parler de ce jardin qui m'appelle au travail, des petites améliorations nécessaires à ma maison pour y bien recevoir ceux qui lui font la grâce d'y venir. Je te parlerai des rires, des chants, des jeux, des enfants et des adultes rassemblés. D'ailleurs M et MMe Merle sont là et s'égosillant pour que mes efforts dans le jardin leur permettent de déterrer quelque nouveau vers où de fournir des matériaux à leur nid. Je vais les satisfaire.
Bon week-end