Chères "mamans", 

Par un étrange miracle aujourd'hui chacune d'entre vous est la plus belle, chacune d'entre vous est la plus douce, chacune d'entre vous est la plus tendre. On pourrait ainsi poursuivre l'énoncé de toutes les qualités que vous portez pour vos enfants.
Moi, ma petite maman a trouvé dans le Ciel sa place pour toujours. Elles doivent être nombreuses là-haut à veiller avec tendresse sur leur progéniture restée en bas. J'ignore comment elle me voit. Comme un homme d'âge maintenant avancé ou comme ce petit enfant qu'elle a enfanté ? Quand je le saurai, plus rien ne sera un secret.
Dans la douceur de leur coeur aujourd'hui tous les enfants du monde s'attachent à la douceur de leur petite maman et tentent de lui faire parvenir leur chant d'amour, leur cri d'amour parfois.
J'ignore pourquoi j'ai été réveillé au milieu de la nuit. Rien de particulier ne me tracassait. La journée avait été fatigante : du travail, un soleil de plomb, heureuse aussi à partager dans le soir, autour d'un repas improvisé sous le hangar,  les idées et la vie de notre fils de passage : Tout ce qui donne d'ordinaire un sommeil harmonieux.
Lorsque je me réveille ainsi dans la nuit, sans sommeil, je me dis souvent que c'est une sorte d'appel à la prière, comme ces moines qui prient dans leurs couvents au milieu de la nuit. C'est ce que j'étais en train de faire lorsque je réalisais ce jour particulier commencé : c'était la fête des mères.
Est-ce cette Douce Maman du Ciel qui m'avait un signe ou ma petite maman à moi ? Est-ce celle qui dort à mes côtés ? Est-ce une autre parmi toutes les autres, craignant qu'aujourd'hui un enfant ne manque ce geste ?
Je ne sais. Nul ne sait. Dieu le sait.
Dans mon esprit se mélangent pèle-mèle toutes les mamans que je connais. Je vois d'abord toutes ces petites mamans qui ont souffert au plus profond d'elles-mêmes la perte ou la souffrance d'un enfant, le plus souvent les deux ....successivement. Parmi elles le monde magique d'Internet m'a permis de partager modestement la douleur de la maman de Gaspard et de celle d'Asylis. Deux "mamans-témoins" mais il y en a bien d'autres qui portent un si lourd fardeau quotidien.
Mais je devine aussi toutes les mamans comblées de petits gestes et attentions de leurs petits trésors.
Et si par un cruel coup du sort l'une d'elles ne recevait pas cet hommage aujourd'hui, qu'elle pardonne l'absence, la négligence ou l'oubli. Qu'elle se dise que, comme moi aujourd'hui, nombreux sont ceux que la séparation, l'éloignement, la dureté du monde empêchent de réaliser ce voeu qui est, de toutes façons, le leur. Même la plus dévoyée des filles et le plus scélérat des fils a aujourd'hui dans le coeur le germe de cet amour.
Alors chères mamans, je vous embrasse en commençant pour les "miennes" et je vous souhaite la plus belles des journées.

Ps : parmi vous, je pense aux petites mamans qui ont perdu un enfant en Égypte ou en Angleterre, frappés par la cruauté de la barbarie. Même si certains de vos enfants sont des martyrs qui grandissent l'humanité par leurs sacrifices, j'imagine votre peine et vous embrasse doublement.