Cher ami lecteur, 

Est-ce que parce que le soleil est de plomb et qu'à cette heure il n'est vraiment pas sage de sortir travailler, que la sieste est finie et qu'il faut bien user de ce temps de paresse ? Je l'ignore. Mais je veux te parler d'un mal mystérieux qui menace notre planète : le problème des doudous égarés...
Je vais te citer deux exemples. Le doudou de Valentin, adorable petit personnage de tissu, séjourne depuis plusieurs mois chez sa gentille tante, au coeur du Vieux Lyon. Comme celui-ci semble s'ennuyer elle lui a d'abord fait visiter la ville, puis la région. Elle tente de mille façons de mettre un peu de bonheur dans cet éloignement de plusieurs milliers de kilomètres et envoie à son petit propriétaire des photos de l'exilé dans toutes ces destinations. J'ai aperçu ces photos mais visiblement ce doudou oublié ne retrouve pas le sourire et savoir que son ami Valentin a de ses nouvelles ne semble pas le transcender de joie.
Le deuxième cas est celui du doudou de Bathazar. Cas plus difficile car ce le petit garçon est beaucoup plus jeune et, à cet âge, la perte d'un doudou est encore plus un drame. Il a disparu à Saint-Malo, vieille ville où les souvenirs des corsaires et même des pirates pourraient donner à des kidnappeurs des envies de rançons. Ses parents ont signalé le cas sur les réseaux, espérant un petit signe de vie....mais à ce jour, rien à ma connaissance.

J'ai de nombreux autres exemples. Dans mon village les doudous égarés sont soigneusement recensés sur le site de la mairie et il arrive assez souvent qu'ils retrouvent leur meilleur ami.
J'ai moi même dans mon enfance, quand on ne parlait pas encore de doudous, le souvenir de plusieurs disparition de petits amis de chiffon. Je pourrais te décrire chacun d'eux et si, je me suis remis de ces chagrins, c'est parce que des parents attentionnés avaient su m'en distraire.
Je pense que le problème est crucial et qu'à chaque niveau de la sphère politique il faut que chacun s'en préoccupe. Il ne serait pas déraisonnable (et ce serait une solution partielle au chômage ) que l'on crée une armée de chercheurs de doudous. Pour en faire partie, il faudrait justifier d'un certain nombre de compétences : comprendre le langage secret de ces êtres muets, savoir distinguer dans les sanglots des enfants la description exacte de l'être cher, mener une politique systématique de prise de photo et de recensement de la population doudou, enfin conduire des enquêtes précises en s'aidant de tous les moyens de la science pour en retrouver le plus grand nombre.
Ainsi on éviterait la souffrance des enfants, la tristesse ou même l'exaspération des parents devant leur incapacité à retrouver le petit être de chiffon.
Et puis, ca éviterait à tous ces gens qui nous gouvernent de trop se prendre au sérieux, ce qui reste le principal fléau de nos démocraties modernes.
Ca y est. L'heure est venue ou la chaleur va décliner un peu. Je vais à mon jardin planter quelques tomates et réfléchir à un arrosage "révolutionnaire" dont je te parlerai une autre fois.

Si tu a été convaincu par mon propos, je te charge, ami lecteur de le relayer par tous les moyens afin de créer une "conscience politique" au sujet de la disparition des doudous.
Passe une bonne journée.