Une petite pluie fine s'est installée, comme un clin d'œil du ciel après ces grosses chaleurs. Le temps : "Ne croyez pas être capables, pauvres mortels de prévoir mes caprices. Je fais ce que je veux quand je veux."

Pauvre temps. Si tu réponds aux hommes avec de si pauvres raisonnements, comment veux-tu être aimé ?
En tous cas, mon nouvel état de mini-jardinier avec ma petite parcelle me fait voir la pluie d'un autre œil. Une eau plus pure qui va donner une fraîcheur bien nécessaire aux premières plantes de mon jardin. Ce serait bien cependant qu'elle cesse assez vite pour ne pas virer à l'orage et me laisser mener ce matin quelques activités extérieures.
Mais la pluie rend vite morose. J'ai parcouru ce matin les titres de l'actualité. Quelques rares bonnes nouvelles, quelques très mauvaises de violence et de guerre, et la tranquille médiocrité de notre politique. Ni énergie, ni enthousiasme, ni arrogance : la petite politique tranquille d'un pays de bourgeois qui vieillit. La "gauche-droite" vient d'être remplacée par un centre mou et ceux qui prêchaient hier la vertu voient aujourd'hui étalées au grand jour leurs propres turpitudes sans que personne ne s'en émeuve. On votera dans une semaine pour une chambre ni de droite, ni de gauche, ni d'ailleurs qui continuera doucement et sans courage à travailler à la sauvegarde de ses propres avantages. Mais je ne vais pas t'ennuyer, ami lecteur, avec mon dépit. S'il est plus prononcé aujourd'hui qu'il y a quelques mois c'est que, naïf, j'avais cru voir émerger un enthousiasme nouveau et discret, se réveiller un vrai sentiment d'envie de mieux et de meilleur avec un certain réalisme. Tout ça est tombé à l'eau en quelques semaines et ceux qui nous gouvernent de mille autres manières par la presse, par l'argent, par la pensée, la technologie, l'administration ont ajouté à leurs panoplie la politique et le peu de pouvoir qui leur manquait encore.
Mon monde à moi, est un peu égoïste aussi. Il commence sur ce canapé, puis franchit la fenêtre, regarde la pluie et le jardin. Il est peuplé des gens que j'aime, beaucoup, puis un peu, puis sans les connaitre. A ce niveau je fais appel à ce que ma religion m'a appris "Aimer son prochain, comme soi-même ."
Mais avouez mon Dieu que c'est là un objectif difficile à atteindre. Ceux que je ne connais pas, soit! Mais ce que je connais comme ne m'aimant pas où voulant me nuire....
Justement, dites-vous, c'est là qu'est le mérite, le véritable enjeu, les grâces à demander et vous nous promettez un coup de main divine.

Après tout, pourquoi pas ? Ce programme exigeant, qui pourtant ne semble nuire à personne déplaît à beaucoup qui le combattent avec autant de rage. Avouez que c'est surprenant !
Je reprends le fil d'une pensée bien confuse ce matin en me demandant comment le petit être sans volonté que je suis peut tenter d'appliquer aujourd'hui ces résolutions.
Si c'était tout simplement en allant me préparer, puis chercher quelques petites actions à ma hauteur, ou simplement à regarder avec bienveillance ceux qu'aujourd'hui je croiserai.
En route.
Bonne journée à toi, ami invisible qui me lit et qui me fait l'honneur de ta propre bienveillance. Qui comme monsieur Jourdain avec sa prose, fait du bien...sans le savoir.
Ps : Elle comprendra : Je croise les doigts pour qu'aujourd'hui une belle jeune femme réussisse un entretien important pour elle. Je suis sûr que ce sera le cas.