Je connais très peu l'homme. Enfant, la seule chose qui m'impressionnait était qu'il ressemblât physiquement au seul grand-père que je connus trop peu et que j'aimais si fort. Je ne me souviens plus non plus quel fut avec lui ma première rencontre : un livre, un film ? 

Ce dont je me rappelle c'est la cascade d'émotions que générât chez moi chacun de ses ouvrages. J'aimais tout de lui : les pièces, les romans, les films. Qu'il soit dans le tragique ou dans le comique, tout m'allait.
Il y a certains auteurs qu'on aime particulièrement sans bien savoir pourquoi mais on aimerait pas nécessairement vivre dans leur monde. Jean Raspail par exemple dont j'aime tellement l'écriture mais dont le monde m'effraie.
Pagnol ,lui, est de mon monde : le monde des petites gens aux petites histoires qui peuplent notre terre, en tous cas notre pays. Il vient du sud, du pays du soleil. Il décrit à merveille tout ce que j'aime ici.
Pourquoi je vous en parle ce matin ? Parce qu'en cherchant un livre léger (je lis peu en ce moment et vais plutôt vers des ouvrages documentaires) je suis tombé sur son oeuvre complète reliée (un legs de ma belle-mère, grosse lectrice). J'ai décidé de le lire et dès le première texte ( le contexte de l'écriture de "Marius") je n'ai cessé de rire ou de sourire ou d'être ému... parfois aux larmes. Les travers de Raimu, le charme de Fresnay, les autres acteurs dont seuls les noms vus au génériques de vieux films évoquent quelque chose en moi, l'intemporalité d'un monde presque centenaire et si présent pourtant.
Puis j'ai commencé la pièce elle-même . Le monde des gens qui passent un peu dans la vie, un peu à côté, qu'on ne peut s'empêcher d'aimer, de plaindre, d'admirer, de consoler.
J'ai eu ce matin, ou plutôt cette nuit, envie d'en parler, envie de la partager...même si pour toi, ami lecteur, ca n'a pas nécessairement de sens.
C'est fait. Je vais me recoucher.
Bonne journée.