Il faisait encore un peu frais ce matin quand je me suis installé sous le hangar. J'ai couvert mes jambes d'un plaid. Ce hangar est au fond de mon jardin, ouvert sur l'est, le matin, le soleil encore bas l'éclaire comme un projecteur à travers l'ombre des grandes feuilles du mûrier de Chine qui prolonge l'ombre qu'il dispense aux heures les plus chaudes. Ce hangar est un endroit où l'on vit beaucoup de juin à octobre. Il permet de déjeuner dehors sans que le soleil ne s'impose trop. 

Depuis mon abri, je vois le fond de mon petit jardin entouré de hauts murs. Il y a là la cabane des enfants et la tour des chevaliers qui s'apprêtent à les accueillir dans un grand mois.
J'aperçois aussi les deux petits carrés de bois surélevés que j'ai construit cette année pour espérer quelques légumes à l'endroit le mieux ensoleillé. Je vois le mur du garde-meuble qui abrite une partie des déménagements des enfants partis trop loin, ou logés trop petitement, et un certain nombre de meubles en attente d'usage ou de réparation. Demain, si Dieu me prête vie et que l'argent me le permet, ce garde-meuble sera surélevé et deviendra un grand salon et des chambres pour accueillir plus largement. En face un autre bâtiment attend aussi peut être d'être remonté de ses ruines. Sur l'autre côté, la piscine qui sort du sol pour qu'elle soit pas la seule chose visible dans ce petit endroit. Sur les murs, rosiers, vignes,lilas viennent teinter tout cela des beaux verts brillants ce matin après la pluie d'hier soir.
On entend bouger les oiseaux sur le toit...et chanter un peu.
Le village s'anime. Ce matin il y aura un défilé de tracteurs anciens et je les entends un par un se préparer à la parade.
C'est la Pentecôte. Pendant de nombreuses années ce fut l'occasion pour nous d'un long pèlerinage de trois jours en famille entre Paris et Chartres. Il continue et rassemble de nombreux pèlerins. Grâce à Facebook j'ai déjà reçu les premières images. Je pense à eux. Je partage leurs prières et leurs chants. Je leur confie en secret mes peines et mes joies. J'aime à savoir qu'à leur tour, ils mettent leurs pas dans mes pas comme je le fis dans ceux de mes anciens.
Pentecôte : Maintenant le Cénacle est pour nous un endroit qui a une forme et je comprends mieux certaines parties de cette belle fête.
Hier nous avons célébré la première partie du mariage de la fille de nos voisins que nous aimons beaucoup. C'était à la mairie qui maintenant m'est si familière. Moment de joie. Son mariage succédait à un autre et tout ce monde qui se croisait mettait de belles couleurs sur la place.
C'est notre week-end de garde de notre ami Icare, ce chien dont je vous ai parlé il y a peu de temps. Il est là à mes pieds, sage et patient, me rappelant le temps de mes animaux. C'est un peu compliqué pour nous maintenant d'avoir un chien. Je le déplore mais je profite ce matin de cette intimité.
Nous irons tard à la messe dans un autre village, au pied du Lubéron, cette fois. Un beau village de crèche accroché à la montagne. Nous y retrouverons de vieux amis, à ces périodes où a souffrance et l'âge rendent la vie trop difficile. Ils sortent peu et la messe est une des rares occasions de les voir.
Ce soir, notre deuxième fils, viendra nous rejoindre après la fête de son ancienne école qui a tissé avec lui une sorte de lien familial auquel il est fidèle.
Nous savons maintenant que nos expats vont revenir en Europe, c'est à dire moins loin mais dans un autre pays, pour d'autres aventures. Des occasions de découvrir d'autre endroits, d'autres horizons.
J'ai beaucoup d'autres choses à vous dire ce matin mais je n'ai plus trop de temps je continuerai plus tard. Elle, vient de se réveiller et c'est le temps de se mettre en route.
Bon dimanche de Pentecôte, mon ami.