Elle lit. Il pianote sur sa tablette. Ils ont très chaud. La journée a été rude. Un temps lourd. Le soir.... de gros nuages noirs.
Il cherche un peu partout le pourquoi du comment de ce pays en déroute. "En marche" peut-être, "en déroute" certainement.
Comment le désespoir saisit tout à coup tout un peuple qui ne croit plus aux hommes qui le gouvernent et les fait se réfugier dans improbable avenir.
Il y a eu dans l'histoire de France plusieurs moments de panique. En général les conséquences furent douloureuses. Il a fallu du temps pour s'en remettre.
Il est déboussolé. Il avait espéré un renouveau tourné vers le bon sens, une certaine idée du devoir, de l'effort, de l'équilibre, de la justice. Il ne sait pas trop quoi penser des "nouveaux", amalgame étrange d'anciens et de nouveaux parfois choisis à la hâte.
Dans sa circonscription, il ne sont plus que deux. L'ancien député en place, plutôt sympathique, mais dont on ne peut pas dire qu'il ait laissé une trace indélébile. Et une nouvelle, porteuse de cette dynamique, mais qu'il connaît suffisamment pour savoir que sa seule ambition est personnelle...et loin d'être désintéressée.
Une fois de plus choisir sera essayer de déterminer un moindre mal. Difficile d'être enthousiaste.
Il fait chaud sous le hangar. L'air reste lourd. Il serait bien qu'il pleuve un peu pour je jardin.
Dans une circonscription voisine un de ses amis est encore présent et tente de gagner un siège. C'est difficile. Il sait que cet ami est compétent, capable et généreux mais tout semble s'unir contre lui.
Dimanche il y aura les bons côtés du vote, cette rencontre obligatoire de ceux qui croient encore un peu à cette institution. Il y aura la charge de cette journée de dimanche passée dans cette école. Le sérieux du dépouillement. Le résultat.
Lundi la semaine reprendra son cours. Heureusement. La vie vaut mieux qu'un jour d'élections.
Un vieux chantier qu'il fallait terminer l'empêche de consacrer autant de temps qu'il voudrait à préparer la maison pour les vacances. Elle travaille. Leurs soirs sont des soirs de fatigue.
Heureusement les journées égrènent de bonnes nouvelles, des résultats d'examen, des changements de carrière, des sourires d'enfants.
Ce matin sur Internet il a attrapé au passage un mot de ce nouveau pape. En substance il disait qu'il ne faut pas croire qu'on est aimé parce qu'on le mérite. L'amour est un don qui précède l'analyse et le jugement.
C'était bien mieux dit et suffisamment réjouissant pour colorier la journée d'une belle couleur d'or.
Dans le village les travaux du beffroi se terminent. On change maintenant les pierres de tailles qui étaient trop abîmées. Le campanile a retrouvé son chapeau, sa grosse boule de zinc et son fanion doré. Au passage j'ai surpris un essai du nouveau marteau de la cloche. Plus lourd, plus sourd, plus beau.
On va bientôt fermer complètement la route pour les derniers ajustements. On en parle beaucoup dans le village de cette nouvelle circulation.
Deux gros matous viennent de se défier jusqu'à ce qu' ils s'aperçoivent de notre présence et s'enfuient.
Un soir d'été...chaud...trop chaud.
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Bonne journée.