C'était à Marseille. La nuit avait été courte. Nous n'avions pas le téléphone. Alors la clinique avait appelé mon beau-père qui m'avait prévenu de l'imminence de la naissance. J'étais parti très vite. la ville, à l'aube, circulait encore assez bien et j'étais arrivé à la clinique au bon moment. J'étais inquiet pour de vraies raisons médicales. Je crois que j'ai prié.

Elle, était courageuse. Elle, avait l'air trop jeune pour un bébé. Je restai à côté d'Elle, incapable d'autre chose que d'être là et de la voir souffrir.
Au fur et à mesure de l'avancée de l'accouchement mon inquiétude augmentait. Et tout à coup jaillirent en même temps un superbe bébé et mes larmes. J'étais si ému de ce premier cadeau du Ciel que je n'étais pas parvenu à contenir mon émotion. Je ne parle pas de son bonheur à Elle car je suis incapable de le ressentir. Je sais juste qu'elle rayonnait de joie.
C'était un bébé plutôt petit que je voyais là devant moi, Notre bébé, et je savais déjà, sans encore savoir comment, que ce serait pour moi une grande source de joie.
On avait choisi de lui donner un prénom composé de celui de la Mère de toutes les mères et d'un archange. Ça lui irait trop bien.
Il s'est passé un peu de temps. Ce petit bébé est devenu une belle jeune femme. Entre ces deux moments mille choses, mille instants, mille gestes ont renforcé pour Cet enfant l'amour de son père. Bien sûr, que je pourrai écrire ces mots pour chacun de mes enfants.
Mais c'est cette chaude nuit d'été que j'ai compris ce que c'était que devenir "papa". Et je crois que je ne m'en remettrai jamais vraiment.
Bonne anniversaire ma grande fille que j'aime.
Bonne journée ami lecteur.