Dans la douceur feutrée de son lit de coton blanc un petit enfant dort juste au dessus de nous. Sa maman s'est absentée quelques jours avec ses aînés pour rejoindre des amis. Elle nous a laissé ce précieux cadeau. Je suis passé tout à l'heure dans sa chambre. Il dormait d'un sommeil léger peuplé certainement de rêves mystérieux pour nous autres...les "grands". Puis il s'est réveillé, le temps d'un petit pleur. Le bruit d'un oiseau ? Un peu de fraîcheur ? L'annonce du vrai réveil ? Je ne saurai jamais. Dans son petit berceau il avait fait demi-tour, il faisait face à la porte comme pour surveiller le premier visage qui passerait à portée de vue et signifierait son réveil. Je ne suis pas resté, sûr que ma simple présence troublerait son précieux sommeil. J'aimais lorsque je suis devenu "père" les visites aux chambres des enfants en rentrant du travail ou avant d'y partir. J'y trouvais une douceur et une énergie mélangées qui me donnaient envie d'être meilleur, à la fois plus fort et plus doux. 

Aujourd'hui j'apprécie ce rôle en demi-ton de parents de substitution, quelques heures, quelques jours.
Il en est de même de mon activité qui aujourd'hui n'est plus synonyme de revenu. J'ai ainsi pu hier vérifier le bon avancement des chantiers qui m'occupent en ce moment et siéger au conseil municipal. Être dans le présent sans être dans l'immédiat, partager un regard, des conseils, des opinions. 
Aujourd'hui quelques missions m'attendent. Je vais les offrir à ce Bon Dieu qui sait distribuer aux hommes de vraies raisons d'être ...longtemps.
Ami, qui me lit, je te souhaite une bonne journée. Quelle qu'elle soit, même si parfois ça ne saute pas aux yeux, dis-toi qu'elle est utile aux autres...en tous cas à moi qui veut partager avec toi toutes ces grâces.