Savoir qui d'eux ou de nous furent le plus enchanté de cette journée au cirque ? Trois générations fascinées ou attendries par la subtile alchimie qui règne dans cet endroit surprenant. Quatre petits, leur mère et leur tante et deux grands-parents attendris.

C'est un ancien domaine délaissé, trop près de deux grandes routes qui ont eu un temps raison de son calme, et qui, grâce au cirque, à retrouvé une raison d'être.
Le cirque s'installe ici pour de longues périodes. Sous les frondaisons d'un parc jadis abandonné où les espèces importées il y très longtemps ont parfois retrouvé l'appel de leurs forêts d'origine et des allures de jungle en miniature.
Il y a un je-ne-sais-quoi d'insolite. Le parc n'est plus entretenu comme un parc et le château continue de se dégrader lentement. La vie qui l'habite aujourd'hui est une vie de saltimbanques plus faits pour vivre dans leurs caravanes confortables que sous les ors défraîchis des salons.
Mais le cirque est là, bien présent. Toutes les fonctions semblent concentrées entre les mains d'une nombreuse famille comme dans les petits cirques itinérants.
J'ai le souvenir d'avoir visité au États Unis le musée d'un de ces cirques gigantesques qui sillonnaient les voies de chemins de fer dans ce pays où tout est un peu trop grand. Une maquette représentait des centaines de personnes affairées dans cette ville mobile. C'était impressionnant.
Ici l'univers a une dimension plus abordable et rend possible sa propre intégration dans ce monde fascinant.
On arrive tôt le matin pour découvrir l'univers magique des répétitions. Du dressage, des clowns, des acrobates et des contorsionnistes. Un éléphant et de nombreux chevaux : un monde en douceur et en exigences.
On verra dresser un éléphant, entraîner les nombreux et beaux chevaux à ce qu'ils feront au spectacle. Le clown nous prendra à part dans un numéro où il choisira ses partenaires dans le public. Le funambule répète dans le parc et partout quelques jeunes acrobates s'exercent à ce qui sera peut être un jour leur métier. On peut même s'exercer avec quelques-uns de leurs appareils et le durer ainsi toute la  difficulté de cet art.
On sent que guichetiers, serveurs, assistants rêvent aussi de ce monde. On surprend la trapéziste embrasser le dompteur. On pique-niquera sur la grande pelouse du parc, sous les fils du funambule, sous un soleil de plomb. Tout semble écrit et dessiné comme dans les petits livres d'enfants. Une sorte de cirque simplifié pour notre apprentissage.
C'est en début d'après midi qu'aura lieu le spectacle dans le grand chapiteau installé au milieu du parc. Il fait terriblement chaud à cette heure-là malgré l'obscurité, l'ombrage des grandes toiles, et quelques gros ventilateurs qui tentent de nous rafraîchir.
Mais très vite nous sommes tous sous le charme. Une jolie contorsionniste qui fait avec son corps tout ce qu'elle veut, un magnifique numéro de chevaux, de jonglage et de tir à l'arc, une trapéziste, des clowns et encore des chevaux. Trois de nos quatre petitous dévorent du regard chaque artiste. On lit sur leurs visages la joie, parfois un peu d'inquiétude ou de peur, mais tout se termine dans le rire. 
On sent dans leurs têtes et dans leurs cœurs d'enfants s'articuler cet univers de rêve qui se crée au fil de la vie pour le plus grand bonheur.
Seul le dernier, bien trop petit, s'est endormi dans nos bras et son sommeil d'ange se soucie peu de tout ce joyeux brouhaha.
Un dernier tour de parc après le spectacle. On verra le dresseur de chevaux travailler dans le parc avec une pelle mécanique : l'envers du décor.
On visite le musée dans les seules pièces un peu préservées du château et c'est vite  le temps du départ et du retour.
Le lendemain notre petit chevalier s'exerce à planter ses flèches et sa hache de bois comme il l'a vu faire la veille. Et dans la tête des "grands" que nous sommes devenus la magie agit encore. On se sent un peu dresseur, clown ou acrobate...le temps d'un rêve.
C'est aussi ça les vacances, ce doux partages d'émotions familiales. On déguste sans états d'âme  ces bonheurs offerts dont on fait provision.
En Provence la chaleur semble s'être imposée et même les nuits sont trop chaudes en ce moment. Mais qui saurait se plaindre de trop d'abondance ? Il faut arroser un peu plus souvent le jardin qui donne sans compter en ce moment. Et c'est déjà le temps de planter pour l'automne et l'hiver. 
Ainsi vont les choses. Alors ami qui me lit malgré ma paresse à écrire en ce moment je te souhaite , toi aussi, de profiter au mieux de cette belle période.