...Ou "Comment rendre le monde plus agréable"

Hier, un tout petit nuage dans un ciel bleu de rêve était venu nous confirmer qu'un peu de pluie allait enfin venir. Un peu de pluie d'aubaine qui viendrait arroser les jardins et relever un peu le niveau des rivières. Une toute petite parenthèse de fraîcheur dans cette période de canicule.
Au petit matin, elle était là. J'étais un peu inquiet parce qu'aucun des dispositifs anti-pluie qui me permet d'éviter les catastrophes au second étage (bâches et seaux) n'avait été mis en place.
Heureusement la pluie a été timide et n'a pas franchi le seuil des barrières ordinaires, mais cette fraîcheur à réveillé la maison plus tôt que de coutume  et déjà le petit déjeuner s'est mis en place. 
Les vacances se déroulent comme des vacances. Les jeux et occupations de la maison alternent avec des activités un peu moins banales mais la canicule écorne parfois l'enthousiasme qui rend pénible toute autre activité que la piscine.
Nous attendons pour ce soir une nombreuse famille de neveux mais c'était sans compter qu'une autre arrive hier, un peu à l'improviste,  que nous avons gardé pour 24 heures : une sorte de répétition générale. 
Je dois avouer être impressionné par le dispositif qui se met en place dans ces moments sous la direction d'une sorte de régisseur général qu'est la maitresse de maison.
L'un passe l'aspirateur, un autre nettoie les vitres, un troisième prépare de quoi coucher ce petit monde. Il revient à l'auteur de ces lignes un tout petit rôle : gérer les extérieurs, jardin, cabanes et hangar. Et s'il n'a dans ce dispositif absolument pas voix au chapitre, il s'en console en voyant l'efficacité qui se dégage de tout cela.
De temps en temps un "je-ne-peux-pas-tout-faire" lancé d'une voix un peu forte rappelle avec efficacité quun peu d'aide serait bienvenu.
En effet, on est bien loin de la comtesse de Ségur ou des autres univers de vacances familiales qui ont bercé notre enfance. Ici, point de châteaux, encore moins de jardiniers, de cuisinières et de bonnes qu'on appelle au secours à la moindre occasion. Au contraire chacun prend à son tour l'un de ces rôles domestiques avec plus ou moins de bonne volonté. 
Chaque maisonnée a ses propres coutumes. Ici c'est un planning qui ressemble à celui d'une usine ; ailleurs chaque famille prend une journée en charge ; d'autres fois encore on dit que l'anarchie sera la seule règle...avec comme corollaire un certain nombre d'échanges houleux.
Mais au-dessus de toutes ces organisations, une sorte d'esprit du foyer incarné par la grand-mère (on peut remplacer par mamie, mamet, grand-ma, grand-maman, mémé et que sais-je encore tant l'imagination à remplacé les habitudes régionales..). C'est elle qui détient ce pouvoir ...et qui gère le lot de contraintes qui s'y rattachent.
Ici, je dois dire qu'elle est assez exemplaire et qu'elle mènerait avec talent de bien plus grandes entreprises. Si j'ajoute qu'elle sait aussi raconter une histoire à celui qui est triste, jouer à n'importe quel jeu de société, trouver le petit bricolage qui occupera celui ou celle qui "s'ennuie" je n'aurai pas encore terminé la liste.
Le monde est ainsi fait. Chaque sexe ne partage pas à part égale les responsabilités. C'est un état de fait qu'on peut déplorer. Je n'aurai pas l'hypocrisie de le faire. Le rôle de grand-père fabricant de cabanes ou de tours de chevaliers, pourvoyeur d'arcs et de boucliers, professeur-jardinier, et parfois complice de quelques désobéissances me convient mieux. Et il me laisse le temps d'écrire ma petite histoire pendant que le petit déjeuner se déroule sous le hangar où l'on parle justement ...d'organisation tout en faisant manger le petit monde.
C'est vrai qu'on est loin des rôles de prince charmant, de chevalier, et pour Elle de princesse au bois dormant. C'est juste la fin de l'histoire, l'après "et ils eurent beaucoup d'enfants". Il nous reste toute l'année pour ne pas perdre (ou retrouver) ces rôles et garder l'un pour l'autre cet innocence et cet attrait qui ,eux ,n'ont pas d'âge malgré les ans, mais on besoin de calme ...et de temps.
La pluie a rafraîchi la terre et les nuits seront peut -être plus faciles. Pas besoin d'aller arroser le jardin en ce jour où la messe nous occupe la matinée. Tout semble normal. Je dois absolument trouver comment fabriquer une arbalète si je ne veux pas décevoir ce petit monde.
Alors mon ami, je te laisse en te souhaitant un bon dimanche.