Deux noms de l'ancienne église. Deux amis epistolaires. Mais cet après-midi ce sont juste deux autres personnages, deux petits cousins qui vont rester sous la garde bienveillante d'un grand-père.

Il s'était dit : "Profitons de l'aubaine. Goûtons un peu de paix. Les enfants et petits-enfants partent en promenade. Ils s'en vont visiter un château-musée. Je vais profiter de ce calme, prendre un livre, en jetant de temps en temps un coup d'œil à ces deux petits enfants sages."
Si on ajoute que ce château-musée appartint à ce marquis qu'on se plaît à dire aujourd'hui "divin" pour lequel ce grand-père a développé une véritable aversion. 
La scène se passe d'abord dans un salon dans l'ombre des volets mi-clos qui préserve d'un soleil très chaud, ensuite sur une terrasse ombragée.
Deux petits enfants. L'un est blond et vécut jusque-là au pays des rois mages. Son papa vient de rentrer en France pour les rejoindre. Le second plus foncé est un petit breton qui vient profiter de notre beau soleil. L'un a juste un peu plus d'un an. Le second un peu plus de deux. Les deux sont si mignons qu'on dirait de ces enfants de catalogue. 
Les mamans s'éclipsent. En analysant leurs sourires notre homme aurait compris qu'elles ne crurent pas un seul instant à cette paix imaginaire. Un verre d'eau, une compote, un paquet de biscuits serviront de goûter que l'homme embarrassé distribue à chacun son tour. Première épreuve réussie avec un certain succès. 
Il dépose quelques jeux sur le sol, les deux enfants au milieu et s'installe sur le canapé pour écrire sur sa tablette.
A peu près dix minutes plus tard, ils sont trois sur le canapé. L'un tient un étrange discours, l'autre fait un gros câlin. 
Nouvel essai en participant aux jeux. Quelques puzzles, quelques personnages, quelques petits livres. Succès restreint. A L'un d'eux s'échappe à l'autre bout de la maison tandis que le premier essaie avec obstination de s'emparer de la tablette, puis du téléphone, puis de l'ordinateur.
On rattrape le premier. On calme le second. On essaie de négocier sans succès à coup de biscuits un calme relatif. 
" Et si j'essayai de leur raconter une histoire ?" Échec complet. C'est vrai qu'ils sont un peu petits. Alors suit un petit jeu de mains où il est question d'une fourmi qui pique des mains et qui connaît, je dois le reconnaître, un certain succès. Je le renouvelle, une fois, une autre, encore. J'ai l'impression que j'y passe tout mon temps. 
Mais le temps coule et entre les deux petits garçons semble se dessiner une certaine complicité. 
Je ne vais pas, ami lecteur, t'imposer davantage le récit de cette petite aventure. J'avais eu un matin plutot doux et agréable, à l'odeur légère et un peu citronnée, je comptais sur un après-midi de lecture. Ce ne fut pas le cas? Juste un retour en arrière où je me retrouvais un instant dans le rôle de père.... Finalement pas désagréable.
Demain sera un autre jour. Le doux temps des vacances se prolonge dans cette Provence où le temps est redevenu d'une chaleur supportable. 
La maison se vide et se remplit. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes :  le mien. 
Bonne journée à toi ami lecteur. On m'appelle pour un apéritif que je n'ai pas du tout envie d'esquiver. 
Merci de me lire.