...Quand la maison est pleine, que le temps est beau, que c'est le temps des vacances...comme un petit coup de blues.

Comme si trop de bonheur portait en lui sa propre menace,
Comme si l'esprit se refusait à croire à tant de chance.
On s'assied alors dans le coin le plus reculé de la maison ou du jardin.
On évite d'être vu. On ferme les yeux ou bien on fixe intensément quelque point éloigné.
On fait une courte prière d'intention, pas construite : " je laisse mon esprit entre vos mains..."
Et on attend parfois longtemps, parfois seulement quelques minutes.
Il arrive que l'on s'endorme pendant l'attente. 
On laisse l'esprit, ou même parfois l'Esprit, se livrer au jeu de l'estimation des bonheurs et des craintes. On n'intervient pas avec sa propre raison. A ce stade-là l'intelligence est sans effet...hélas! 
Le temps passe. Le temps le plus souvent remet lui-même les idées en place.
Parfois une contraction surprise de l'âme  peut faire monter l'angoisse et il arrive aussi que des larmes se présentent.
Il faut le temps ...qu'il faut.
Parfois le monde alentour s'inquiète de votre disparition et vient troubler cet isolement.
Vite retrouver alors une sérénité apparente. 
Il faudra retrouver ce temps de paix à moins que la vie ordinaire ne l'efface.
Parfois la pause n'est pas suffisante et le mal-être s'installe un peu plus longtemps.
Surtout pas le reproche :" Ça ne va pas, tu as l'air triste !".
On ne doit pas avoir l'air triste lorsqu'on est un père, un grand-père, un mari, un ami car la tristesse assombrit autour d'elle.
"Non. Juste un peu de migraine, ou de fatigue, ou de froid ou de n'importe quel'autre excuse." Il arrive cependant  qu'on ne vous croie pas.
Pourquoi je t'écris ça ce soir ami lecteur ? Parce qu'il existe pour moi une autre façon d'apaiser ce trouble inutile et amer...c'est de l'écrire en quelques phrases.
Un peu de vieux whisky par dessus et c'est promis...demain ma plume sera de nouveau plus légère.
Bonne nuit.
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