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On le savait. On attendait l'annonce. On craignait presque qu'un miracle "incomplet" prolonge cette longue période indécise où on ne sait plus très bien si c'est la mort ou si c'est la vie qui occupe un corps.

La mort d'un beau-frère, beaucoup trop jeune et beaucoup trop chargé d'enfants encore très jeunes.
Ce n'était pas un beau-frère très "proche" : la vie, l'éloignement, les charges des familles et le poids des histoires nous avaient écartés.
Mais quand la mort est là qui frappe par surprise on a beau avoir la foi, on se sent frappés par une forte injustice. On sait surtout des gens qu'on aime durement touchés sans qu'on puisse être d'une grande aide.
J'étais au jardin, la tête pleine d'envies, d'attente de cette fin d'hiver. Je préparais la terre pour de futures récoltes. L'hiver est morte saison si on n'occupe pas son esprit à imaginer la suite. Le téléphone sonna. Une voix triste. L'annonce que :"C'est fini." Et les mots qui sont là, maladroits, qui tentent de rassurer, d'adoucir. On voudrait transférer sur soi une peine trop lourde à porter sur ces jeunes épaules. C'est l'âge où la tête doit être pleine des joies et des peines d'enfants, de rêves qui se construisent.
On ira mercredi l'enterrer dans un coin de cimetière au centre de la France. Il y aura certainement du monde. Le prêtre parlera sûrement d'un "après" plein d'espérance, des grâces qu'apportent la foi, les lourdes charges, et ce besoin d'assistance que sa famille doit recevoir d''en-haut' quand elle ne peut plus venir d'"ici-bas".
Ces endroits qu'on oppose. Cette vie terre qu'on maîtrise si peu et cet au-delà dont on espère tant sans même l'imaginer.
Je n'ai pas encore réussi à joindre ma "petite" sœur qui est aussi ma filleule et qui doit se sentir bien trop "petite" en ce moment pour tout reprendre en main, pour tout remettre en jeu.
Pourtant ce samedi était un jour aussi plein de joies : un joli cadeau reçu de Hollande, des nouvelles du Pôle Sud et de belles photos, le récit des premières journées d'un nouveau travail et mille attentions que le Ciel nous donne chaque jour pour rendre cette vie sur terre plutôt agréable. Je voulais rédiger notre lettre de Voeux et m'apprêtais aussi à écrire une suite à mes histoires de mots nouveaux et étranges qui animent aujourd'hui un peu de mes journées. Ce sera pour plus tard.
Désolé, mon ami, aujourd'hui je suis triste même si je sais et si je crois qu'il faut être plein d'espérance.
Alors si tu veux de quelque façon que ce soit atténuer cette peine, je confie à tes pensées, à tes prières peut-être, cette grande famille. Que cette épreuve puisse devenir pour eux une source de grâces et que leur mari, leur père, leur grand-père puisse veiller sur eux, d'où qu'il soit.
Bon dimanche.