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Depuis quelque temps le monde nous renvoie de l'homme une image bien dégradante. Le processus et bien connu : on part de quelques exactions intolérables pour se livrer à une généralisation abusive et dégradante. L'homme, réduit à l'état de "mâle" pervers et agressif est pointé du doigt et présenté comme un prédateur qu'il faudrait sans cesse contraindre et sanctionner. Le moindre geste galant est vu comme une stratégie perfide, la moindre politesse est manoeuvre.
Alors Ma Mie, mes filles et petites-filles, mes soeurs, mes nièces, mes filleules, (je n'ai plus,hélas, ni mère, ni tante, ni cousine) mes amies, mesdames, je tiens à vous rassurer.
Il n'est pas mort cet "homme" que vous connaissiez avant qu'on vous le défigure :
Le petit garçon à qui on apprenait depuis la plus tendre enfance qu'il avait la chance d'être plus armé pour le combat que ses soeurs et ses compagnes et qu'il aurait la lourde tâche de les servir et de les protéger; l'enfant qui vous regardait timide, vous, tellement plus dégourdies que lui et si volontiers moqueuses; l'adolescent qui s'enhardit un jour à vous mendier une sourire et à vous dérober un baiser (accordé sans trop d'hestitation); l'adulte qui ,en allant au travail, se disait aussi qu'il témoignait aux chasseurs qu'avaient été ses ancêtres d'une sorte de continuité.
Ces dames qu'on a aimé servir et respecter, des plus âgées aux plus jeunes témoignaient par leur grâces, leur beauté et leur délicatesse d'une sorte de reconnaissance.
J'aimais et j'aime encore ce jeu qui consiste dans chaque sexe à s'honorer de ses différences et à se compléter dans une harmonie qui me semblait, et qui me semble toujours, naturelle.
Je sais que l'image est un peu "forcée". Je sais que certains hommes abusèrent de leur position. Je sais que certaines femmes aussi usèrent abusivement de leurs charmes.
Mais on ne bâtit pas les lois sur des exceptions.
Et je souhaite de tout mon coeur que mes petits-enfants se rêvent en chevaliers protecteurs, qu'ils cèdent leurs sièges aux dames par ordre décroissant d'âge, qu'ils rêvent d'affronter mille épreuves pour séduire celle qu'ils aimeront, qu'ils aient toujours en eux l'idée d'aider les plus faibles.
Oh ! Je sais bien qu'il y avait des contreparties délicieuses. Je ne parlerai pas du bonheur de jouir de vos charmes car ce pourrait devenir indélicat. Je sais que dans le partage des tâches ménagères vous aviez plus que votre part (en tous cas ce fut largement le cas chez moi...je le confesse).
Je sais aussi que le monde a changé qui vous contraint trop souvent à un travail trop fatigant et qu'il faudrait peut-être revoir ces équilibres.
Mais je vous en supplie, ne rompez pas ce "pacte" qui me plaît tant : soyez délicieuses et nous serons forts! Soyez nos "maîtresses"...nous seront vos "amants" !
Je sais que nombre d'entre vous pourront être choquées de ce discours ...tant pis, je persiste et signe.
Et surtout dites-vous bien, mesdames, que je vous aime !