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Le soleil est bien installé chez moi et dans mon petit jardin, pourtant trop ombragé, de nombreuses fleurs font éclater leurs couleurs : essentiellement des crocus, des narcisses, des jonquilles et des tulipes. 

Le bâtiment en ruine que fait face à ma maison devrait dans quelque temps reprendre une existence. Marque du temps : ce sont trois générations de notre famille qui s'uniront dans ce même projet de bâtiment commun qui deviendra, si Dieu le permet, une halte de vacances.
Mais je veux te parler aujourd'hui ami lecteur de mon mercredi dernier. Pourtant, c'est le dernier jour d'un "triduum" un peu triste. L'anniversaire de la mort de notre amie succède en effet à celui de ma sœur et à celui de ma mère.
Mais ce mercredi matin ce fut un peu différent : une messe était prévue pour célébrer ce jour anniversaire dans la belle église au pied du Mont Ventoux d'une communauté de moniales où nos amis avaient coutume d'aller et où ils avaient eu la gentillesse de nous convier.
Une belle église construite avec la simplicité qui convient à ce genre d'endroit. Les vitraux, les statues, les couleurs des murs me rappellent une autre amie artiste qui les fit. La lumière de la Provence, les couleurs des belles ocres de chez nous.
Nous étions peu nombreux, la famille, quelques amis, et les rares habitués de ces messes de semaine.
Les soeurs cloîtrées assistent sans qu'on les voient dans la nef principale et les autres participants sont dans une chapelle latérale.
C'était la Saint Benoit d'hiver, et cette fête si importante dans une communauté bénédictine permettait de donner à cette messe un grand éclat en ce temps bien austère de Carême. Le moine qui célébrait nous fit un de ces sermons dont on se souvient une vie entière. En un temps court, il célébra à la fois ce grand saint dont il nous décrivit la mort si belle, puis il nous rappela les beautés de notre espérance en nous rappelant avec tellement de délicatesse la mort de notre amie.
En ces temps bien troubles où le monde semble s'affoler dans une grande course aux égoïsmes et une perte du sens des autres, chaque mot sonnait si juste et était d'une telle précision qu'il me semble encore les entendre au moment où j'écris ces lignes.
C'est pourquoi ce mot de délicatesse est celui qui me vint spontanément à l'esprit et qui me hante encore.
Des mots posés au bon endroit comme ces quelques fleurs qui parsèment mon jardin et qui me font dire en ce jour qu'il est vraiment impossible qu'il n'y ait pas Quelqu'un de bien plus grand que nous pour veiller à nous offrir de telles choses.
Voilà mon ami. Il est temps de me remettre à l'ouvrage. Je ne voulais pas le faire sans évoquer ce beau moment en ces temps de carême où je m'efforce d'écrire un peu moins souvent car c'est vraiment un trop grand plaisir.
Je voulais partager ce moment avec toi. Je te souhaite un bon week-end.