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Personne (en tous cas, pas nous) n'avait très bien compris le "pourquoi" de l'endroit de ce mariage qui s'annonçait. Pourtant nos filles, qui connaissaient le lieu, nous avaient dit :"Vous verrez. L'endroit est magnifique. Vous serez étonnés."

Forts de cet avertissement nous sommes partis tôt. C'est vrai que, dès qu'on approche des Alpes on se sent comme aspirés par la beauté de ces sommets, encore très enneigés, qui nous dominent de toute leur élégance. Les routes suivent d'abord les vallées et puis s'enfoncent profondément par de petites routes sinueuses vers notre destination. Une ville de montagne, de grosses maisons blotties les unes contre les autres dans ces pays d'élevage et d'industrie où on ne plaint pas sa peine.
Notre hôtel est dans l'une de ces maisons. Nous retrouvons avec plaisir de nombreux amis venus d'un peu partout. Le plaisir des retrouvailles des amis et des "amis des amis" avec qui on devient vite familiers, le temps de quelques heures dans le partage d'un même événement.
Mais déjà nous sommes devant l'église, modeste église dans ces vallées où les maisons sont grises comme pour s'effacer devant la blancheur des montagnes.
Une église toute décorée de fresques qui rappellent les évènements religieux qui ponctuent notre vie. Au dessus des mariés une inscription demande à Dieu de bénir les foyers.
Ils sont là, les deux mariés. Lui, on le connaît depuis l'enfance. Elle, peu de temps après que se soit installée entre eux l'idée d'un destin partagé. C'est un vrai bonheur de les voir entrer en cortège, élégants et heureux, chacun au bras, qui de sa mère, qui de son père, précédés de charmants petits enfants d'honneur habillés en petits montagnards.
Le prêtre est l'un de nos amis, ou plutôt l'ami de nos enfants, devenu notre ami un peu plus tard dans ces moments où l'on commence à recevoir en retour de ces enfants. Un homme d'une grande piété qui possède le don rare de faire passer le message d'amour de sa religion, sans l'altérer, dans tous les milieux. La messe est recueillie et joyeuse à la fois et lorsqu'on sort l'ombre des montagnes est déjà en train de remplacer le soleil éclatant qu'on avait en pénétrant dans l'église.
L'endroit qui abrite la fête est bien à la hauteur de ce que nous avaient dit nos enfants. Une sorte d'immense chalet qui fut autrefois une très grande ferme dotée de toutes les techniques les plus modernes de l'époque et qui est devenu au fil des ans cet endroit de réception où de grandes salles s'installent aisément dans ce qui furent des étables ou des greniers. Tout est restauré avec talent avec ce bois des montagnes qui nous entourent et les anciens objets de la ferme.
La fête familiale est la hauteur de la fête religieuse et c'est sans hâte qu'on rentrera à notre hôtel. Ce que j'en retiendrai le plus ce fut le discours des deux pères : deux façons émouvantes de marquer ce lien d'amour qui nous unit à nos enfants et qui fait que nous sommes toujours très émus aux grandes étapes de leurs vies. Peu d'entre nous savent le dire. Mais là, de deux façons pourtant bien différentes , sans artifices et sans ostentation on sent cette grande force d'amour passée entre générations.
Le lendemain matin, après la messe des rameaux dans le village et une marche à l'endroit le plus haut d'où nous découvrons un magnifique paysage, nous retrouvons nos amis pour un dernier repas partagé ensemble.
Un de ces merveilleux moments qu'on aime à partager et auxquels on s'honore d'être associés.
Bon vent chers jeunes amis qui démarrez la belle histoire de construction d'une famille. Que Dieu vous garde et protège ce foyer.