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Il y a deux catégories de gens qui m'exaspèrent : ceux qui n'ont que le mot de "progrès" à la bouche et qui,en son nom, justifient les plus imbéciles des pratiques et des inventions; et ceux pour qui "progrès" est un "gros mot", et qui croient que tout ce qui est moderne est l'incarnation d'une sorte de mal venu pour nous anéantir.

Je déteste autant les minimalistes imbéciles d'ATTAC que les geeks débiles collés à leurs écrans.
Oui je l'avoue : je passe beaucoup de temps lié à ma tablette ou à mon téléphone et je me réjouis de trouver l'information que je recherche grâce à un Wikipedia complaisant. Mais j'aime aussi chercher dans mes vieux Larousse, en "plein" de volumes, dénichés en salle des ventes, quelques informations perdues parce qu'elles ne sont plus à la mode. J'ai aimé TETRIS avec passion, j'ai imaginé sur Minitel des moyens d'accéder à l'information et je trouvai génial qu'on fournisse pour presque rien à chaque français ce qui était un vrai petit morceau d'ordinateur. Mais j'aime aussi passer plusieurs jours en retraite dans l'ombre bienfaisante d'une abbaye bénédictine, et dans le silence qui règne ici en "sous-maitre". ( le maître reste ce Dieu qui y dispense des suppléments d'âme.)

J'aime mon potager sans engrais, sans pesticide et sans rien de malhonnête. Mais j'aime à savoir que depuis des générations des savants ont cherché comment faire pour mieux nourrir ce monde qui avait faim.
J'aime fouiner dans les vides- greniers, hanter les salles des ventes, construire des cabanes en bois, dessiner des histoires aux crayons de couleurs mais aussi manipuler toutes ces belles images et ces bonnes données que nous dispensent ces hydres voleuses d'informations que sont les grands du Net.
J'aime suivre des centaines d'amis autrement perdus de vue grâce aux réseaux sociaux et prendre de temps en temps mon vieux stylo-plume pour écrire une belle lettre dur un vieux papier vélin.
Aujourd'hui j'ai longé des digues, contemplé des moulins, voisinant avec des usines à vapeur et les plus modernes des vis d'Archimède pour chasser l'eau de terres autrefois inhospitalières. Je suis allé chercher sur internet l'histoire de ces moulins et la légende qui l'accompagne. J'ai échangé quelques mots dans une langue que j'apprends grâce à mon ordinateur, cent fois plus vite qu'avant, pour déchiffrer de vieux livre poussiéreux dans cette langue que j'irais chercher demain avec délices chez le bouquiniste voisin.
J'avais juste envie de le dire.
Bonne journée, ami lecteur.