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...à deux générations d'écart entre la petite fille et sa grand-mère. Toutes les deux regardent sur un petit écran la dernière page de ce qui pourrait être un conte de fée moderne : sous un beau soleil, dans un pays plutôt habitué à la pluie, un prince va transformer une jeune femme en princesse. 

Grand-mère et petite-fille regardent toutes les deux les belles robes, les beaux chapeaux, les uniformes impeccables et l'ordonnancement sans reproche d'une cérémonie plusieurs fois centenaire.
Elles possèdent toutes les deux cette même façon d'aimer le beau et l'élégance.
Elles ont simplement décidé ce matin de participer en silence à un événement heureux. Elles y sont plongées et, à les regarder, on pourrait croire qu'elles sont sur place et participent à la fête.
Et moi...moi qui joue les observateurs un peu désabusés, cherchant à voir derrière les belles images l'envers du décor. Et bien moi, je suis doublement ravi : des quelques images que je capte entre deux allers retours au jardin, du sourire et de l'émotion de ma femme et de la photo de ma petite fille qui, à des centaines de kilomètres, assistent au même spectacle.
La plus jeune peut encore rêver d'épouser un prince mais sa grand-mère ne semble pas trop amère de n'en avoir pas séduit et d'avoir choisi votre serviteur.
Si tu savais, ami lecteur, combien je ressens ce choix avec émotion. Dans la vie des gens ordinaires,dont je fais partie, de tels engagements vous mettent d'un seul coup à l'égal des grands de ce monde.
Et puis, je peux bien te le confier en toute simplicité mais j'aime à ma façon, ces uniformes chamarrés, ces traditions militaires, ces belles églises, ces belles robes et ces beaux bijoux. Je regrette souvent que dans son histoire mon peuple ait cru intelligent de penser qu'en n'aimant plus ceux qui vous gouvernaient on pouvait être plus heureux. Résultat, on s'est doté de monarchies d'argent et de souverains éphémères et ridicules dans leurs pompeuses tentatives de cérémonies officielles.
Tant pis, on fera avec. On ira simplement de temps en temps d'associer aux simples bonheurs d'autres peuples qui ont fait un autre choix.
Mais en ce lundi de Pentecôte, il me reste bien des choses à faire à la maison et au jardin. Elles occupent à merveille une partie du temps qui m'est donné. L'amour des miens, l'amitié, le travail...et quelques siestes remplissent le reste de ces moments donnés à l'homme sur cette terre pour son plus grand bien.
Et qui a dit que Dieu n'existait pas ?
Donc, je te souhaite à toi aussi , ami lecteur une journée sans ennui, sous un soleil que je t'espère aussi généreux que le mien. Et si, parce que ça arrive aussi, tu es touché par quelque peine, sache que je ne t'oublie pas non plus. Parce que c'est ça un ami : un être à qui on pense quand il est dans la peine autant que dans la joie. Et je t'envoie ta part de tous ces petits clins d'œil divins.
Bon lundi de Pentecôte.