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Il n’y avait guère plus d’une semaine qu’on m’avait souhaité mon anniversaire. Elle, dormait depuis quelque temps loin de moi dans une clinique. On avait un peu peur, tous les deux différemment. Elle, plus que moi je crois.

On était encore petits (d’ailleurs est qu’un jour on sera grands ? Pourvu que non !). On sonna à ma porte. C’était mon beau-père. Nous n’avions pas le téléphone et c’était lui qui, prévenu, était venu me chercher au milieu de nuit. Je mis mon plus beau costume (d’ailleurs c’était le seul) et parti dans la nuit.
Dans la clinique silencieuse j’assistai avec une émotion toute empreinte de maladresse à cet acte sacré d’intimité. Et puis apparut un petit corps. Était-ce la fatigue, était-ce la joie, ou l’inquiétude peut-être ? Mes yeux se remplirent de larmes. 
Et dès cet instant le bonheur l’emporta. Si je n’avais pas déjà cru en Vous, Mon Dieu, je crois que c’est à ce moment-là que j’aurais choisi de le faire.
J’étais « père », sans aucun autre mérite de ma part que celui d’aimer. 
Depuis j’ai appris mille façons d’aimer davantage ce petit être qui est devenu une belle jeune femme. J’ai appris à partager ces joies et à essayer de comprendre ses peines.
C’était la première et Dieu, qui est Bon, renouvela encore trois fois ce cadeau pour moi.
C’est aujourd’hui anniversaire de ce bonheur. Encore très peu de temps et notre famille sera rassemblée. Et dans la joie de ces retrouvailles on se souviendra des trois derniers anniversaires et deux semaines à peine. L’aîné de mes fils, moi-même, l’aînée de mes filles. 
En attendant ce jour, avant de partir au jardin, sous un ciel bleu d’été encore plus bleu du mistral d’hier, j’aime à me rappeler cet instant merveilleux.
Alors pardonne-moi mon ami si je t’ennuies avec mes petits bonheurs mais j’avais envie que toi aussi tu sois témoin de ma reconnaissance.
Passe un bon week-end.