A573BB59_4374_48F7_A59F_EC8AAE5EF7E2

...les mots néerlandais sont d’une humeur joyeuse. Leurs amis français se sont mis un peu en retrait et leur laissent prendre la parole.

« Tu vois, Jacques, que tu avais raison de nous rester fidèle. »

Je dois dire en effet qu’à l’annonce d’un retour anticipé de mes petits Bataves j’ai eu envie de renoncer et de laisser là un apprentissage difficile. Cette langue peu parlée est en effet bien lointaine de la nôtre et j’avoue peiner à l’apprendre. J’avais complètement bouclé le cycle d’une méthode d’apprentissage et ne voyais pas vraiment de progrès. Je leur avais fait part de mon découragement.

Ils avaient tenté de me raisonner.

« Mon ami. Ne regarde pas trop les différences mais les similitudes. Nous habitons un pays plat (comme ton petit morceau de Provence ) où l’écoulement de l’eau a une grande importance. Nous redoutons ses débordements mais elle irrigue aussi généreusement nos terres. Et puis ne disais-tu pas que ton arrière-grand-mère parlait flamand ? Et ton fils aîné qui part visiter bientôt l’Afrique du sud, dis-toi qu’il entendra les mêmes sonorités que toi. Et tu sais : apprendre sa langue c’est trouver des raisons supplémentaires d’aimer un autre peuple. »

Les arguments étaient solides. J’avais repris mon apprentissage et je les surprenais à sourire comme s’ils connaissaient un secret ignoré de moi.

Ce secret je l’appris hier. Le retour de mes enfants était retardé et se passerait comme prévu. 

Mes petits Bataves sont aux anges. On ne quittera pas l’école en plein milieu d’année scolaire. On aura le temps de ses activités. Pour l’année prochaine on ne sait pas encore.

Quel soulagement pour tout le monde ! 

Alors j’ai repris, je repasse ces listes de mots avec une énergie nouvelle. J’ai aussi décidé d’améliorer mon anglais. Je m’aperçois bien qu’il est encore beaucoup trop faible et visiblement l’engouement de nos enfants pour des pays étrangers ne semble pas faiblir...et c’est tant mieux pour leurs parents qui ont tant de plaisir à voyager et à se frotter à de nouvelles cultures.

J’ai donc regardé avec plaisir les images de ce pays où on a eu la chance de ne pas se débarrasser de son roi. J’aime la monarchie et ce lien affectif qui unit les peuples qui la possèdent. Ces hommes et ces femmes ne sont pas exempts de pêchés et de défauts, mais un peu comme dans une famille, à de rares exceptions près,  on a plaisir à se retrouver et à s’entendre.

Notre monarchie républicaine (car quel monarque possède autant de pouvoir que notre président ?) nous a souvent dotés de tristes incapables qu’on a même pas l’excuse de ne pas avoir choisis. 

Mes petits-enfants ont eu leur compte ces derniers jours de liesse à l’occasion « du jour du petit prince ». Carrosses et laquais, soleil au rendez vous, ils sont allés à pied dans cette ville où la voiture n’est pas la bienvenue. En plus ils ont récupéré un jour de vacances supplémentaires.

Décidément quelques bonnes occasions de réjouissances.

Allez mon ami. Je te laisse. J’ai à faire. Je n’ose pas te parler du temps qu’il fait chez nous. Il est presque trop chaud. Le jardin connaît un deuxième printemps. C’est étrange.

Ce soleil je te le donne en partage.

Bonne journée.