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Presque 8 heures d’aller-retour entre deux points. 8 heures de réflexions, de demie  attention, de pensées insoumises, peut-être de prières.

Savoir dans ce moment-là, lorsque l’esprit s’agite, lorsque l’on suit machinalement l’autoroute ...ce qui est distraction et ce qui est prière.

Je ne sais pas prier. Le plus souvent c’est pour moi juste un acte de présence volontaire comme lorsqu’on veille un malade. On a simplement l’espoir que le sentiment d’une présence lui fera du bien. C’est aussi comme ça que les êtres s’apprivoisent les uns les autres...en se faisant mutuellement sentir leur présence.

Je n’ai jamais compris en quoi Dieu pouvait avoir besoin de nous. Ce qui est certain c’est que, pour notre bien, Il veut qu’on L’aime. Mais ce que je sais c’est comme j’ai souvent besoin de Lui. 

Pendant ces heures de route, mes pensées confuses rebondissent entre tout ce qui ne va pas bien...et des actions de grâces. Remercier pour ce qu’on a reçu. Demander ce dont on a besoin...ou dont ont besoin les autres. Ceux qu’on aime par plaisir, ceux qu’on devrait aimer par devoir. 

Sentiment d’impuissance personnelle et sentiment étrange de ce monceau de grâces disponibles dont on ne sait pas tirer parti parce qu’on ne sait pas demander.

Aller-retour pour un rendez vous d’une grosse heure: attente, temps perdu, jeu de rôles d’une transaction immobilière. Retour en arrière du temps où ma vie était tout cela. Ces voyages, ces réunions, ce temps passé, l'utilité ou l’inutilité de tout cela . Et puis sur le sens du temps perdu ou juste rendu à celui qui nous le donne. Savoir ce qui sera fait de tout cela.

Parfois j’ai l’impression que la prière est l’œuvre des « grandes personnes » bien réglées, bien organisées qui œuvrent avec sagesse, connaissent les codes et les appliquent avec sérieux, attention, patience et opiniâtreté. Le « demander et vous recevrez ». Mais il m’arrive le plus souvent de penser que, si dans la passé j’ai tant reçu de ce Père sans lui demander, il donnera encore ce que je ne sais pas lui demander.

J’ai longtemps désespéré de mes désordres intérieurs, de mes rêveries scolaires, de mes oublis, de mes manques. Il en est résulté des angoisses qui n’ont pas disparu avec le temps. Décidément je ne serai jamais un homme de méthode ou de système. ...Et c’est tant pis.

Mais je me suis souvent réjoui que malgré mes imperfections je continue à recevoir et que les efforts répétés me donnent bien plus que mon seul talent.

J’ai besoin aujourd’hui plus que jamais, du secours de Celui qui veille au-dessus de moi, pour ceux que j’aime et qui vont bien (je souhaite qu’ils continuent et qu’ils ne perdent pas de vue Celui à qui ils le doivent). Pour ce que j’aime et qui ne vont pas bien, qui sont malades ou qui galèrent, ou qui errent sans savoir pourquoi. Pour mettre de l’ordre malgré moi, dans ma tête, dans mon travail, dans ma vie.

8 heures de pensées confuses que, faute de savoir résumer, je te demande, ami lecteur de partager avec moi.

Prie si tu le peux. Penses si tu ne sais pas prier, à mes amis malades, à ceux qui peinent à trouver du travail et qui redoutent les lendemains pour ceux dont ils ont la charge, à ceux qui sont fâchés, à ceux qui ne savent pas faire la paix, à ceux qu’ils entrainent dans cette folle spirale, aux affaires que j’ai à traiter (qu’elles se fassent au mieux pour le plus grand bonheur de chacun et qu’elles ne me mettent au fond du cœur ni aigreur, ni sentiment d’injustice ). Pour que quand c’est nécessaire et à vue humaine impossible Dieu donne ces miracles qu’il sait aussi donner.

Pour que dans mes relations avec les autres je sois droit et je ne blesse personne et que j’écarte de moi le sentiment trop fréquent que j’ai de non-reconnaissance.

Mais maintenant c’est l’heure. Il faut que je te quittes. Ami lecteur, bonne journée !