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Mon cher ****, (..et dire que je ne sais même pas ton nom !)

 

Hier c’était ta fête et l’anniversaire de mon dernier fils. Deux vraies raisons de me réjouir. J’aime ce jour pour ces deux premières raisons, mais c’est aussi l’anniversaire d’un autre neveu qui m’est aussi très cher. Et celui d’une jeune fille, partie un peu trop prématurément au Ciel et dont le souvenir lumineux me porte à penser que, dans un autre Quelque Part, elle protège ceux qui l’aiment.

Donc de nombreuses raisons pour se souvenir de cette date. Mais depuis hier une autre est venue s’y ajouter.

En début d’après-midi j’étais parti vers Paris en auto récupérer les quelques affaires d’un fils qui part au bout du monde. Je devais monter le mardi et revenir le mercredi. Je me faisais une joie de cette opération. Passer quelques heures en tête à tête avec lui et partager ses rêves et ses projets est une occupation fort agréable.

J’étais donc parti dans l’après midi après un repas léger et une sieste...légère aussi.

Je roulais depuis une heure quand devant moi un camion ralentit tellement subitement que je ne parvenais pas à m’arrêter et que je le percutais avec violence.

Un peu d’hésitation, un sixième sens, et la volonté de mener à tout prix ma voiture sur le bas côté me donnèrent, grâce à Dieu, assez d’énergie pour m’écarter rapidement de cette autoroute pleine de camions rapides et dangereux. Avec de l’aide ,et de la chance, je parvins à me dégager de ma voiture et à sortir me protéger. Le choc avait été hyper-violent et j’étais à peu près indemne. L’à-peu-près étant le cou et les épaules meurtris comme si j’avais reçu une bastonnade. Une douleur épaisse qui a du mal à disparaître et qui me encore aujourd’hui me fait fonctionner comme un automate. Et une migraine terrible.

Alors j’ai pensé à toi, mon ange gardien, toi dont c’était là fête et qui, au lieu de la passer avec tes copains-anges continuait à t’occuper de moi. Je ne sais plus compter les fois où tu as été là quand j’avais besoin de toi. A chaque fois en vérité.

Alors j’ai pris conscience de mon ingratitude. Je ne te parle presque jamais. Je ne demande rien pour toi. Tu me sauves la vie et je ne t’adresse pas la parole.

Si tu n’étais pas immatériel j’aurais eu envie de t’embrasser. Mais discrètement tu t’étais effacé. Tu as attendu que tout se passe. Tu m’as donné la force de rentrer après tous les soucis des constats, des déclarations, la prise de conscience d’une série d’emm....ents qui allait suivre.

Tout cela : la douleur, la fatigue, la conscience d’avoir risqué la mort, s’efface devant ma reconnaissance.

Et demain c’est le cœur léger que je reprendrai le cours de ma vie malgré tous ces soucis supplémentaires. Nous fêterons avec un peu de retard l’anniversaire de ce fils avant qu’il ne parte trop loin.

J’essaierai, je te promets d’être un peu plus présent pour toi. La vie a un goût délicieux quand on a pensé (même si c’est un court instant) qu’elle était vraiment menacée.

Mais ce message en forme de remerciements et d’hommage, je voulais le faire avant tout.

Cher ange, je te laisse. Je t’embrasse ...

 

en esprit.

J’espère que ce rappel de ton existence servira aussi à ceux qui me lisent et qu’ils n’oublient pas celui qui leur est affecté.

Bonne journée.