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...s’est installée ce week-end en notre absence. Nous étions remontés vers le nord. D’abord dans ce Beaujolais de coteaux et de pierres dorées où vit une de nos filles. Un voyage sans encombre dans une voiture neuve sur cette autoroute que j’appréhende maintenant un peu... la redécouverte au couchant de ces coteaux plantés de belles vignes. Les maisons qui semblent briller sous les rayons horizontaux du soleil qui s’efface doucement.

La maison nous attend, encore plus et mieux décorée, et demain je vais, de mes mains ;-)  commencer un travail de terrassement.

De notre bibliothèque familiale nous avons ressorti une belle édition ancienne de Clochemerle qui aura mieux sa place dans cette maison.

Vendredi sera jour de travail : creuser et retourner la terre et les ciments. De ces travaux pénibles que j’aime et qui épuisent. La redécouverte qu’on a le  corps encore solide...(mais un peu moins qu’avant) et ce sentiment de mériter par l’effort et la fatigue un sommeil un peu plus fort. J’avoue ne m’être jamais lassé depuis l’adolescence où l’on découvre la force qui est en soi, de ce sentiment de puissance et d’habilété à la fois. C’est toujours un peu grisant. Même aux pires moments de la vie quand la fatigue physique était la rançon de mes revenus j’ai toujours vécu ce sentiment comme un cadeau du ciel.

Hélas ! la pluie du samedi matin empêche de mener à terme le projet complet (une raison de plus de revenir). Car l’après-midi c’est un mariage qui nous attend, et cette fois en Bourgogne.

Un joli prieuré roman, perdu au milieu de nulle part et sa belle église dont la tour haute et percée de baies semble une immense lanterne destinée à l’éclairer juste au dessus du chœur. Il fait mauvais mais le mariage est joyeux.

Pourtant il pourrait ne pas l’être dans cette famille où mon beau-frère  est mort, il y a moins d’un an. Je contemple une famille nombreuse qui fait face à l’adversité avec courage. La maman est ma petite sœur...et ma filleule. Une grande famille qui marie la cinquième de ses filles. La robe est belle et le couple charmant. La mariée toute mignonne et toute à son bonheur du moment. Le marié, lui, a toujours cet air un peu étonné des hommes ce jour où ils se voient recevoir un trésor qu’ils ont convoité mais sans croire vraiment que ce fut possible.

Les bâtiments conventuels sont devenus le lieu de la réception. Beaucoup de monde. Des enfants nombreux qui circulent entre les convives en jouant. Des petits bébés tous neufs au bras de parents attentifs ou de grands-parents comblés.

Un mariage familial comme on les aime avec ses discours émouvants ou drôles, des moments souriants, ces souvenirs d’enfance racontés où ceux qui n’y furent pas mêlés ne comprennent pas grand-chose sinon l’affection qui les inspire.

Une table de beaux-frères et belles-sœurs où tant de choses doivent être partagés car le temps manque pour se voir.on cherche du regard les tables d’anciens qui nous faisaient sourire autrefois ....pour découvrir que ce sont les nôtres.

On fait un peu aussi le point des neveux, des cousins, des amis communs qui se sont greffés au cours du temps sur la branche familiale. Et c’est déjà l’heure de rentrer pour une route toute en virages.

Trop content d’avoir retrouvé ma famille, impressionné par la dignité de ma petite sœur et ses enfants, leur courage et leur volonté de conserver la joie malgré l’épreuve.

On ne dira jamais assez le courage des femmes. Particulièrement de celles qui se retrouvent seules pour affronter une vie qu’elles s’attendaient à vivre à deux.

Tu sais, ami lecteur, l’admiration sans limite que j’ai pour les femmes qui gèrent bien mieux que nous tant de choses à la fois et qui sont les artisans des cohésions familiales par ces gestes mille fois répétés du quotidien dont elles prennent la plus grande part. Les choses et le temps changent un peu cet équilibre mais on sent toujours bien le rôle que chacun des sexes choisit dans la famille. Et c’est tant mieux.

Mais je reste à chaque fois impressionné et admiratif quand je le découvre.

Il y a tant de façons d’aimer les femmes mais je crois que je ne me lasserai jamais d’en découvrir d’autres.

On revient en Provence sous la pluie...et la Provence n’est pas faite pour la pluie. On ne sait pas la gérer. On est maladroit avec elle.

Alors il faut écrire ce qui est doux, chaud et réconfortant.

Tu comprends mieux ami lecteur, mon billet de ce matin.