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Petit matin de brouillard sur la Provence. On ne voit pas le ciel. Hier j’ai quitté une ville des Pays-Bas sous un beau soleil d’automne. Tram, train, avion, train : un long après midi entrecoupé d’attentes ...et ce sentiment très fort de bonheur d’avoir la chance de circuler entre des êtres et des endroits que l’on aime.

Ce matin, il faisait nuit à mon réveil. J’ouvris les volets et je ressentis immédiatement la sensation de l’humidité dont on ne sait plus bien si elle monte du sol ou si elle descend du ciel.

C’est à ce moment que j’entre dans mon monde virtuel de ces « réseaux sociaux ».

Quelques messages bienveillants de la veille qui vont éclairer ma journée. 

Certains viennent de l’autre bout de la terre, d’un autre monde qui s’agitait à l’heure où je dormais le plus fort. Je vois aussi  sur ma tablette des petits points verts qui me signalent que, chez eux, des êtres  que j’aime sont aussi éveillés. Oh ! Je ne vais pas déranger chacun d’eux. Mais j’aime à savoir qu’ils sont eux aussi, en éveil, quelque part. Beaucoup sont des amis de chair et d’os que j’ai vu et que je reverrai dans quelques mois, quelques années...peut-être.  

Il y en a même quelques uns que je n’ai jamais vu mais dont la présence se traduit simplement par des échanges bienveillants qui ont tissé au cours du temps des amitiés insolites mais bien réelles.

Un monde de bienveillance, ni plus faux ni plus vrai que le monde réel. Et mon imagination, mon intelligence et mes souvenirs font le reste.

Je suis content qu’ils soient là. Il m’arrive parfois de n’aimer pas ce qu’ils racontent ou ce qu’ils defendent. Mais est-ce bien différent dans le monde réel ? Il peut même m’arriver de me brouiller avec eux, d’être en colère ou, à mon tour, de commettre des indiscrétions ou des maladresses. Est-ce si étrange ?

Beaucoup de mes amis ne sont pas là. Ils n’ont pas choisi cette forme de présence et ça ne m’empêche pas de les aimer. Disons juste qu’il est plus difficile de leur faire savoir par un simple geste, une petite attention et que l’écho de leur vie me parvient plus difficilement.

C’est vrai qu’il y a aussi des prédateurs, des profiteurs, des menteurs et des vantards. Mais qui peut se targuer de n’en pas connaître par ailleurs ?

Ce monde virtuel est aussi un monde d’espoir, de curiosité et de recherche et je vais le quitter dans quelques minutes pour revenir au....réel. Je vais me préparer, filer à la mairie recueillir les échos de ce qui s’est passé  pendant mon absence. Faire le tour de mes chantiers et passer au jardin voir ce qu’il fait y faire. Ensuite j’irai passer une heure de veille à l’église de mon village. Ouvrir et fermer une porte, un autre monde de mystère et de liens invisible.

Puis je reviendrai déjeuner dans le maison que j’aime. Je réfléchirai à l’endroit où planter tous ces bulbes de fleurs venus du pays où ils sont tellement bien soignés. Savoir où, au printemps, jailliront ces taches de lumières.

Je vais organiser mon temps, l’occuper à milles choses réelles et ce soir à l’heure du repos je reviendrai respirer un peu d’air de ce monde virtuel aussi.

Oh ! Mon ami lecteur. Je ne veux pas te mentir. Il m’arrive aussi des moments de faiblesse, des moments de paresse ou j’abandonne mon « ordinaire » pour me « réfugier? » dans ce monde ...virtuel. Une manière aussi de « tuer le temps »....comme il en existe tant d’autres. Mais rassure-toi l’homme n’a pas attendu ces outils pour s’abandonner à sa nature bien imparfaite...

Bonne journée...