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C’est vrai que c’est un peu difficile. Le temps est froid, trop froid pour tester ma nouvelle scie dans un hangar glacé, quand je sors d’une semaine fiévreuse. Peut être pas trop froid pour le jardin..j’ai donc tenté deux heures ce matin de remettre en état un potager un peu tristounet.

Bonheur d’être à genoux dans une terre qui devient plus belle d’année en année. Bonheur d’imaginer de futures récoltes et de réfléchir à quelques projets partagés. Mais vite le froid s’est installé en moi qui m’a sommé de rentrer pour ne pas aggraver mon cas.

Reprise des langues, aussi délaissées trop longtemps.  Une foule de mots attendaient sagement en révision. Ils s’empilaient tranquillement et en les découvrant ils me semblèrent une montagne. Là, peu à peu, la patience aidant, le feu dans l’âtre réchauffant, et en prenant le temps, la montagne devint colline et le plaisir de retrouver ces amis un peu délaissés prit vite le dessus.

Reprise de mes activités de mairie . Très difficile aussi, pour le moment. Période de crise. Période d’affolement. Le personnel a du mal à comprendre et à suivre. Il faut espérer que rien ne viendra rompre une harmonie qui commençait à s’installer. Heureusement c’est l’époque des vœux où on se souhaite mutuellement beaucoup de bonnes choses ce qui atténue peut-être un peu l’inquiétude  du moment.

Mon pays lui aussi est devenu un peu fou. Il vit dans un état d’insurrection et parfois presque de guerre civile. Personne ne maîtrise ce phénomène de « gilets jaunes ».

La malaise est certainement légitime et le gouvernement semble incapable à trouver d’autres réponses que de mauvaises solutions qui aggravent encore les choses.

Je déteste les révolutions sous toutes leurs formes. Elles font sortir le pire de ce qu’il y a en nous. Mais comment, dans un pays qui prétend s’être construit ou reconstruit sur une révolution, refuser au peuple ce langage de la rue et de l’insurrection qu’il réclame. 

Ce n’est pas que ce gouvernement soit pire qu’un autre. Il est, sans trop vouloir le croire, dans la tradition de ses prédécesseurs : inefficace et soumis à des phénomènes qui le dépassent. La seule chose qui a changé avec lui c’est que tout ce petit monde qui nous gouverne est tout neuf,trop neuf. Il a remplacé, à l’occasion d’une étrange élection, les vieux retors de la politique par d’autres, aussi ambitieux, mais moins rompus aux crises.

Je suis partagé entre la sympathie pour ceux qui visiblement souffrent, et le sentiment que croyant trouver une issue à la crise ils ne font que ruiner davantage notre pays.

Je me plais a me souvenir d’une formule que mon père aimait à dire : «  C’est dans les ténèbres qu’il faut croire à la lumière. » Alors je crois, alors j’espère.

L’hiver est propice à ces états d’esprit. Un temps d’attente, de résistance aux éléments. Un temps où entretenir l’espérance est peut-être un peu moins évident.

Il faut chercher alors le bonheur où il se trouve. Et l’endroit où il se trouve c’est souvent auprès des autres, ces êtres chers dont l’idée même, ou l’image aperçue suffit à réchauffer nos cœurs.

Alors tu comprendras mieux, ami lecteur, pourquoi je viens écrire ici en fin d’après-midi.

Bonne semaine.