8BC88556-ABB7-4DB2-BF0A-D5F6EE7589A9

Après ce long temps de mistral je voulais profiter de ce dimanche dont on disait qu’il serait comme « suspendu » entre les rafales.

Dans mes réflexions solitaires du petit matin calme je me dis que, marcher le long de la digue aux Saintes Marie de la mer, serait certainement bien adapté. 

La route qui mène aux Saintes Marie passe par Arles où je nous proposais d’assister à la messe dans cette belle église Saint Trophime que je connais trop peu.

J’ignorais que c’était là-bas jour de fête. Après nous être un peu perdus à pied dans cette belle ville chargée d’histoire ancienne nous arrivions dans une église pleine, dont presque la moitié était peuplée d’arlésiennes en costume et d’arlésiens « capés » à l’ancienne. Une belle messe où le latin, le français et le provençal se mêlaient dans une belle harmonie.

De Mistral à Daudet en passant par Maurras, ils sont nombreux ceux qui parlèrent si bien de la beauté des femmes de cette ville et de leur élégance altière. Des tenues sombres, des coiffes étranges qui viennent coiffer des chignons élégants, des châles d’indiennes....et si on regarde bien, une profusion d’épingles qui indiquent qu’il ne doit pas être évident de s’équiper ainsi. 

L’église domine la grande place par un escalier élevé. Elle est desservie par une communauté de jeunes prêtres et, comme la jeunesse appelle la jeunesse, il y avait là quantité de jeunes parents et d’enfants. C’est l’évêque d’Aix et d’Arles qui présidait et c’était également la fin du salon des santonniers. Un beau moment d´enracinement.

Ce petit passage d’immersion dans une Provence de traditions était l’augure d’une bonne journée. D’autant plus que nous y rencontrions, par hasard, et avec bonheur, un « neveu » (de ces neveux qui n’ont s’en pas vraiment mais qui le sont de cœur) que je croyais assez éloigné de toutes ces traditions et d’ailleurs de toute pratique. 

Quelques pas encore dans la ville, un petit restaurant, et nous partîmes aux Saintes Marie marcher longtemps sur la plage qui s’étend à l’Est de la ville. 

Je connais cette plage depuis longtemps. Je n’avais jamais remarqué à quel point la mer, en quelques décennies, avait gagné sur elle. Il semble que les efforts des hommes pour la maîtriser ne soient pas à la hauteur de ses appétits. Mais là c’est devenu flagrant. Elle a répandu une sorte de « provisions » de graviers amassés là pour un futur ouvrage et les a dispersé sur tout le littoral.

Mais cette découverte n’enlevait rien à notre bonheur de marcher des kilomètres sur le sable, avec en face de nous dans le lointain un large panorama qui englobait le Ventoux, la Sainte Victoire et ce qui nous paraissait être la Sainte Baume. A notre gauche la Camargue dans laquelle nous nous aventurons sur quelques centaines de mètres pour contempler les oiseaux qui s’y plaisent et en particulier les flamants roses très nombreux en ce moment. Au retour c’est le petit clocher de l’église des Saintes Marie qui nous servit de repère. 

Le retour, le soir en auto se fit presque en silence. Comme pour mieux déguster ce dimanche de belles choses et de bons moments.

Rien de tel, mon ami que la contemplation de la nature, le constat de sa force,...et celui de notre faiblesse pour remettre en perspective notre quotidien qui peut paraître parfois un peu morose.

L’oubli en ce jour de repos de l’actualité un peu troublante de notre pays qui vit mal l’instant présent, qui doute de son avenir et qui semble renâcler à toute forme de recherche de solution.

C’est pour cela, ami lecteur, que je veux partager avec toi ces images de tradition, et ces images d’une grande beauté que la nature sait nous offrir.

Je te souhaite une bonne semaine.