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Il suffit de presque rien...Il faisait encore nuit lorsque j’ai entendu dans mon petit jardin un gazouillis d’oiseau qui m’a instantanément déclenché une folle envie de printemps.

« C’est bien banal ! » me diras-tu, ami lecteur. Mais c’est sans compter que mon petit jardin est au cœur du village et que, les chats errants d’un côté, les corbeaux ou les pigeons de l’autre, dissuadent généralement les petits oiseaux de le fréquenter.

D’ordinaire ce sont les merles qui reviennent au printemps faire résonner leurs chants mais cette année j’ai décidé une offensive « d’accueil » .J’ai parsemé le jardin de boules de graines pour les attirer au moment du plus grand froid. Longtemps ils les ont ignoré. Depuis quelques jours il m’arrive d’en surprendre un ...aux heures les plus chaudes. 

Mais celui de ce matin était un vrai cadeau.

Pourtant mon hangar et mon jardin ont l’allure d’un champ de bataille. Il y a plusieurs semaines que j’ai entrepris de réorganiser mon atelier. Ce n’est pas une mince affaire. Il m’a plusieurs années servi à vivre du travail de mes mains quand l’épreuve du chômage m’avait surpris au moment où je m’y attendais le moins. J’ai découvert avec bonheur le pain quotidien gagné « à la sueur de son front ». Le « col blanc » était devenu « col bleu » au prix il faut l’avouer de quelques angoisses, d’une vraie fatigue et de pas mal de cicatrices dues à la l’innattention ou à la maladresse.

 J’ai alors accumulé outils et matériaux. Le vieux fond auvergnat qui sommeille en moi m’interdit le plus souvent de jeter quoique que ce soit....au cas où. (Pour la petite histoire ma grand-mère conservait dans un tiroir des objets insolites ainsi nommés « petits bouts de ficelles ne pouvant servir à rien »...c’est dire que j’ai une hérédité chargée  ;-)   )

Tu comprendras qu’il me faut du temps pour mener un tel chantier. C’est une partie de ce qui explique mon silence de ces derniers jours.

Mais il y a d’autres raisons : l’état morose de mon pays, l’incapacité de nos politiques (et la nôtre) à distinguer dans cette crise l’essentiel de l’accessoire. Comme si toutes les solutions n’avaient que des aspects économiques quand l’important est de retrouver ces liens invisibles qui lient entre eux les hommes pour qu’ils trouvent ou retrouvent amitié et harmonie.

J’ai aussi quelques vrais questionnements personnels sur ma façon de conduire, sinon ma vie, du moins mon action dans les quelques mois qui viennent. Mais je crois avancer, sinon dans la compréhension de l’enchainement des événements, au moins dans ma propre démarche. 

Mais c’est vrai : ce gazouillis d’oiseau m’a fait oublier tout ça. Je n’ai plus eu qu’envie de retourner à mon atelier pour terminer mon travail, ou d’aller au jardin terminer de préparer et même commencer à planter, faire avancer ce projet de « parcelle pédagogique » au jardin en imaginant des enfants (et d’autres...) s’initier à cette humble découverte de la nature qui se crée ou se régénère.

Se concentrer aussi sur le partage à distance de la vie de ceux qu’on aime : Mon australien est sur la voie pour trouver un travail. Mon marin a donné quelques nouvelles entre deux navigations. Dans le Beaujolais ma grande fille travaille à agrémenter sa maison et à en faire un bijou qu’elle partage très souvent avec ses amis. Quant à mes petits bataves, ils surveillent leur maman qui prépare son CAP de pâtisserie pour leur plus grand bonheur de dégustateurs avisés. 

Mais aujourd’hui sera une « parenthèse » dans ses activités. Nous sommes invités à un anniversaire chez des cousins innombrables : l’anniversaire d’une tante très âgée. Une plongée en famille qui mérite de laisser son quotidien de côté une journée.

Mais je vous raconterai...

En attendant je te laisse, ami lecteur fidèle, en te souhaitant un bon week-end. Ici, il s’annonce lumineux. Si ce n’est pas encore  le cas pour toi   (il faut dire que nous sommes souvent ici des privilégiés) considère moi comme une sorte d’éclaireur qui ne fait que te précéder de quelques jours.

Je t’embrasse.