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Tout va très vite en ce moment dans le jardin. Une sorte « d’avant-printemps » qui vient à point pour le moral. Les oiseaux sont revenus en masse. Je ne sais pas si mves petites boules de nourriture y sont pour quelque chose mais c’est ce matin un vrai bonheur que de les entendre gazouiller à l’heure où je vous parle.

Les crocus ont sorti la tête et parsèment notre petite pelouse de tâches lumineuses. Les nôtres sont petits (pas assez de soleil?) et disparaissent un peu dans l’herbe alentour.

A l’endroit le plus ensoleillé la première jonquille est venue mettre une première tâche jaune. Les autres sortent à peine le nez, tout comme les tulipes que j’ai cette année planté en quantité et par petits massifs.

Mon petit jardin est encore en désordre. Il a besoin de soins. Il a servi ces dernières semaines de dépôt à l’atelier que je rangeais et mérite un vrai nettoyage. Mais tout ça à de vraies allures de renouveau.

Un message reçu hier nous indique le retour du pôle de notre fils. En général ses retours s’accompagnent de belles photos de ces endroits sauvages et merveilleux. Nous attendons avec impatience.

Le second a trouvé un job en Australie. Un job intéressant mais peut être en balance avec un autre qui lui permettrait de meilleures conditions d’intégration.

Nous recevons de nos filles de belles photos de vacances Picardes ou de maisons embellies. 

Pour le reste c’est plutôt le calme plat. Rien ne vient mettre un terme à mes inquiétudes locales et le pays tout entier reste en proie à une immense crise de confiance. Le gouvernement s’agite sans succès à vouloir mener un semblant de débat qui n’a aucun retour d’écho. Les « gilets jaunes » continuent à se rassembler chaque samedi pour d’étranges sabbats qui donnent aux villes concernées des allures de villes assiégées et laissent dernière eux de vraies dégradations. La répétition hebdomadaire de l’événement semble leur seul objectif et ces rassemblements ont maintenant des allures de routine. Je déteste qu’on casse nos villes, ces endroits qu’on a du mal à rendre beaux et qui nous coûtent tant. Au-delà de légitimes inquiétudes je ne vois pas ce que signifient ces rassemblements qui ont sur nos carrefours des allures de repas de chasse plutôt que de révolution.

Le monde tout entier s’agite aussi de façon inquiétante sans que personne ne semble opposer la raison à la folie des hommes et, pire pour moi, chaque jour dans la presse c’est ma religion qui est attaquée. Parfois de vrais scandales ressortent mais trop souvent la violence et l’accusation ne sont que la marque d’une haine ancestrale encore trop présente dans notre pays qui se veut le champion de toute révolution. Je déteste ces moments.

C’est assez curieux comme cette opposition entre le quotidien riche de mille trésors et de tant d’occasions de petits bonheurs et cet environnement délétère crée dans ma tête une sorte de schizophrénie douloureuse difficile à maîtriser.

Alors je recherche au fond de ma mémoire tous les conseils d’anciens accumulés au cours des ans par d’autres qui eurent à gérer des moments bien plus cruels (tels que la guerre ou la révolution) et je tente avec patience et en gardant ma joie de continuer à tracer mon sillon pour faire germer mes petites graines.

Le soir, car il continue de faire froid, on allume encore le feu où brûlent quelques morceaux de bois. Lire est aussi une bonne alternative qui nous enrichit de mots bien moins sujets aux caprices du temps que ce que nous recevons des autres médias. Comment alors, assis face à ce feu, dans notre environnement de paisible village, dans le canapé confortable en sirotant une tisane ou un vieil alcool chaleureux, en écoutant de belles musiques, elle tricotant et moi lisant, imaginer que le paix ne règne pas partout ? 

Alors, dans ces moments apaisés nous essayons de faire une petite place à la prière pour ceux de nos amis qui souffrent dans leurs corps ou dans leur quotidien et pour remettre dans les mains d’Un Bien Plus Grand que nous, Bienveillant, tout ce mystère qui nous entoure. Viennent sur nos lèvres ces formules hérités du passé, d’imploration ou d’actions de grâces. Et si on se sent encore plus petits et tout aussi impuissants, le sentiment, la conviction, que tout cela a un sens viennent relever l’esperance.

Mais le temps passe et le jour est maintenant levé complètement. Un ciel bleu lumineux que je partage volontiers avec toi mon ami lecteur. Il me dit de m’agiter et de remplir ma journée de ces choses qui font le vie de Mr.Jacques, le modeste écrivain de ces petites lignes qui n’existerait pas sans toi, lecteur et fidèle ami.

Alors je te souhaite une très bonne journée.

Et que Dieu te garde !