Sommes-nous devenus fous ?

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Hier à midi, en rentrant chez nous nous fûmes accueillis par une bruyante cacophonie, surprenante au milieu du village, d’ordinaire muet à cette heure. C’était un magnifique vol d’oies sauvages qui tournait au dessus de nos têtes. Il y demeura un instant pour indiquer je ne sais quel présage puis poursuivit sa route en redonnant sa place au silence.

Une impression étrange et délicieuse de la nature qui s’impose à nous et ces étranges migrations qui donnent aux monde ses vraies frontières.

Hier fut agréable, comme tout le week-end d’ailleurs, car le printemps nous donne des envies de renouveau. On nettoie le jardin. On remet la maison dans ses vêtements d’été. On se sent pousser nous aussi des ailes.

On taille les arbres et les rosiers. On regarde sortir une à une les variétés de tulipes et de narcisses ramenées de Hollande ou installées au cours des ans.

Hier après midi fut l’occasion d’une marche « à récompense »: partir de son village à pied. Traverser la campagne pour rejoindre la ville d’à côté. Prendre un thé dans un salon de thé charmant qui affiche avec humour et vérité sur sa carte trois adresses en Provence ...et une à Tokyo. Un endroit joliment décoré, un endroit de « beau et de bon ». Bien sûr on croise quelques « bobos » venus fréquenter la brocante permanente de cette ville qui fut la nôtre un an et demi.  Plus indulgents , on se dit qu’on donne peut-être aussi à d’autres cette impression de « bobo-itude ». Qui sait ? 

On croise un couple d’amis faisant le même périple à vélo. (Lui se fait opérer cette semaine de quelque chose de très grave. On se dit qu’on y pensera très fort.)

Bref, un week-end « d’avant printemps » !

Ce matin je vais chercher sur internet à en savoir un peu plus sur le vol d’oies sauvages. Et je vois défiler des pages entières sur une théorie économique qui porte ce nom avant de trouver quelques informations sur le sujet.

L’image mêle de notre société ou l’économie, c’est à dire l’argent, l’emporte sur tout. Où la beauté de la nature et de la vie sont est reléguée au second plan,

Je me « fous«  de cette théorie, de toutes les théories économiques d’ailleurs. Je déteste que ce soit le leitmotiv de tous les politiques.

Qu’on me parle de travail, de labeur, de pain quotidien, de peines et de joies, de partage et d’échanges. Mais pas d’économie comme si l’argent pouvait lui-même, en toute légitimité, fabriquer d’autre argent.

Aujourd’hui est pour moi un jour important. Nous recevons les dernières épreuves du projet d’embellissement de notre cœur de village. Le fruit du travail d’un cabinet dont j’aime les réalisations mais qui a du mal à y faire adhérer chacun. C’est un moment un peu difficile et j’espère que le projet n’y perdra pas de sa substance. J’espère que « l’esprit de printemps » donnera à tous l’envie d’avancer de conserve...

J’écris ces mots sous un ciel encore un peu gris, face au mûrier de Chine à qui la taille récente donne un air un peu ridicule...mais ça ne durera pas et son ramage d’été viendra à point nous donner l’ombre nécessaire.

La cloche de l’église sonne l’angélus.

J’y vais en te souhaitant ,mon ami, une bonne journée.