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J’ai toujours aimé ce jour de « cancre » où l’on n’a « pas école » sans qu’aucune raison ne le justifie vraiment. Un jour férié où (autrefois) l’ensemble des magasins étaient fermés. Pas un dimanche donc pas de messe. Pas un de ces jours fériés religieux, ces dimanches « qui tombent en semaine ». Pas non plus un de ces jours fériés exceptionnels qui correspondent le plus souvent à des commémorations d’événements historiques tristes ou joyeux mais donnant au jour une coloration particulière. 

Seuls échappent à ces règles le lundi de Pâques, ou le lundi de Pentecôte. Dimanches sans messe (ou sans mauvaise conscience de l’avoir ratée). Jours de vacances imprévus.

Lorsqu’on devient adulte à son tour, ce sont de ces jours où l’inaction généralisée sert de prétexte à une paresse bien contrôlée. On ne fait rien mais pas comme le samedi où la paresse s’accorde avec le malaise de n’avoir pas rempli certaines obligations de bricolage, voire de sport, ou plus généralement d’activité.

Non ! Le lundi de Pâques est un vrai jour de paresseux. Le seul depuis qu’un gouvernement de « droite » nous a volé le lundi de Pentecôte pour se donner des allures de générosité. On est toujours trahi par les siens. Il est toujours plus facile de dépouiller les catholiques que les autres d’un « avantage acquis ». Ils pratiquent le double avantage de tendre l’autre joue et de ne pas vouloir avoir l’air de réclamer dans un pays qui veut leur faire comprendre qu’il n’ont plus  le droit de cité, ni le privilège du nombre.

Or l’auteur de ces lignes est un vrai paresseux, ou en tous cas le fut longtemps dans son enfance. De ceux qui préfèrent la rêverie, et parfois même l’ennui, à l’action ou toute forme d’activité utile. 

Ce matin part bien dans cette direction. Quelques solides appuis. Un temps qui s’annonce ensoleillé. Quelques bons livres. Un réveil matinal qui permet de faire durer plus longtemps le plaisir de l’inutilité. Et la fin du carême qui permet de retrouver la bonne conscience de la gourmandise ordinaire. 

Oh ! Il y aura peut-être être quelques trahisons à cette fainéantise ordinaire : un peu d’entretien au jardin, un ou deux bricolages nécessaires, peut-être un peu de courrier...mais rien d’important, rien de grave.

il faudra aussi certainement accepter certains froncements de sourcils car ELLE est beaucoup plus « active » et ne voit pas toujours d’un très bon œil l’inaction de son mari .... mais on supporte tout par amour ...même le reproche de sa paresse ;-)

Mais toi, ami lecteur, tu es beaucoup plus vertueux que moi, ce dont je ne saurais te blâmer, et tu t’occupes peut-être à des fins plus utiles. 

Je te souhaite cependant un bon « lundi de Pâques ».

Profite de ceux qui te sont chers et jouis avec volupté de ce petit cadeau du ciel supplémentaire.

Je les embrasse aussi.