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Je me suis réveillé ce matin en plein milieu d’un rêve. L’aîné de mes petits-fils me demandait pourquoi j’avais tant envie d’aller un jour au Ciel... et comment faire pour y aller.

Je ne savais pas trop quoi répondre. Je ne trouve jamais de réponse aux questions pertinentes. Il faut d’ailleurs souvent que je les fasse répéter car je ne les ai entendues qu’à moitié.

Je ne voulais surtout pas m’en tirer par une pirouette, car rien n’est plus important que la question d’un petit enfant ....même si elle revient sans cesse.

Comme je m’étais réveillé, il avait disparu. Je me dis que ce devait être un signe, une sorte d’avertissement que me donnait justement ce Ciel. Il était important que j’ai une réponse à cette question...s’il la posait un jour.

Je me levai, préoccupé. 

C’était encore l’aube. Il faisait gris. On ne distinguait encore rien dans le ciel (le « petit » ciel, celui avec une minuscule, juste au dessus de nous). Je pris le temps de déjeuner puis m’installais sur mon canapé avec ma tablette sur les genoux.

...

Si j’ai envie d’aller au Ciel, un jour (assez tard si Dieu le permet), c’est parce que beaucoup de gens que j’aime m’ont dit que c’était important. Et comme ils avaient très envie d’y aller, je me dis que le Bon Dieu, qui justement est Bon, a du leur réserver une petite place ou au moins les mettre en file d’attente. Donc si j’y vais j’attendrai certainement avec eux dans cette longue théorie  et c’est déjà un bonheur que d’attendre avec ceux qu’on aime.

C’est aussi parce que c’est un endroit dont parle si bien l’Homme-Dieu, ou le Dieu-Fait-Homme, qui fit tant de merveilles qu’on serait bien sots de n’aller pas le suivre à l’endroit où il vit le plus souvent.

J’ai trop envie, lorsque ce sera mon heure, de voir les paralytiques marcher, les sourds entendre et les aveugles voir, et plus spécialement pour moi, les maladroits devenir habiles, les chauves voir leur cheveux repousser, les gauchers écrire de la main droite sans tacher leurs cahiers d’écolier, (et encore plein d’autres choses ). Connaître aussi ce bandit qui a gagné le Ciel juste au dernier moment, par un sincère repentir, parce qu’il avait compris que son voisin de Croix n’était pas quelqu’un d’ordinaire.

Et je me dis que cet Homme-Dieu capable de pardonner aux plus grands pécheurs doit être aussi capable de s’occuper de ceux qui pensent, comme moi, être des pécheurs « ordinaires ». 

J’ai aussi envie d’y aller parce que j’imagine le sourire de bonheur que doivent avoir ceux qui arrivent là. On dit d’ailleurs un sourire « béat ».

Puis j’y rencontrerai certainement mes santons, tous ces gens qui se croient petits et sans intérêt que je croise en marchant dans les rues de mon village. 

J’imagine aussi qu’il y a là-haut beaucoup de monde, car je crois très fort que la Miséricorde est la plus belle invention de Dieu.

Mais aussi parce que dans ce « monde » merveilleux, qui justement n’est pas le monde, on doit en une seconde pouvoir répondre aux questions pertinentes des enfants.

.... finalement ça ne va pas être facile de répondre s’il me pose la question !

Alors s’il le fait en jour, je crois que je le regarderai tendrement. Je lui dirai que s’il me le demande c’est qu’il doit certainement en avoir envie aussi comme j’en avais sûrement déjà envie à son âge. C’est déjà un peu la réponse.

Si je dois dire... comment. Je lui répondrai qu’il faut être sage...comme les enfants. Mais surtout pas comme les adultes qui prétendent l’être mais au contraire comme ceux que l’on dit un peu fous, ou que la société trouve trop fragiles, ceux qui font des barrages de pierres sur les rivières ou construisent des châteaux de sable avec leurs petits enfants.

Mais maintenant j’ai plein de choses inutiles et vaines à faire jusqu’à ce soir. Il faut donc que je te quitte, ami lecteur, pour m’empresser à cette inutilité.

La première est d’aller au jardin...la seconde de mettre un peu de chaud sur les traces de sable que les dernières pluies ont déposé sur la couche de chaux toute neuve de la « cour de derrière ». Et plein d’autres encore...

Alors je t’embrasse. 

Bonne journée.