6D2C7BC6-DD2C-442E-93A9-2D208283346F

Je passerai une partie de mon dimanche dans un bureau de vote. Ce n’est pas un gros sacrifice car, si le dimanche matin est généralement consacré à la messe, l’après-midi n’est pas très productif et est rarement le siège d’une grosse activité. J’irai avec Elle, qui a accepté de m’accompagner et de rendre le même service dans le même bureau de vote.

Je n’ai pas une grande foi dans cette Europe politique pas plus que dans cette volonté des hommes de « pouvoir » de créer de plus en plus d’instances de gouvernement, à tous les niveaux et le plus éloignés possible de la réalité des vies, pour asseoir leur pouvoir et servir leurs intérêts. J’ai une vision réduite et concentrique de l’humanité et je trouve assez difficile déjà de mener son destin, d’accompagner sa famille, d’entourer ses amis ...pour ambitionner de gérer le destin des autres.

Même à la petite échelle de ma commune je trouve difficile l’exercice de vouloir rendre service et assumer un rôle local sans recherche de son propre intérêt.

Je verrai passer devant le bureau plusieurs centaines de personnes. J’en reconnaîtrai avec bonheur quelques-uns. D’autres que je ne connaissais que de nom me deviendront plus familiers. Et puis il y aura le dépouillement, les scrutateurs qu’on sollicite et qui viennent gentiment aider à cet exercice du dépouillement.

Il y aura aussi les employés de mairie que j’ai appris à connaître et qui me sont devenus familiers. Bref, un petit rituel qui se répète de temps en temps et qui ne me déplaît pas.

Mais derrière tout cela il y a une belle incohérence dans ces élections européennes. L’idée originelle de maintenir ce continent en paix après des années de guerre ne peut susciter que l’adhésion. L’appareil politique et économique compliqué, autoritaire et souvent absurde qu’il est devenu est aujourd’hui difficile à justifier.

Choisir un candidat n’est pas une chose facile. Aucun d’eux n’est enthousiaste. Chacun y va de sa critique et personne ne semble pouvoir maîtriser l’appareil. Difficile de voter pour un organisme dont on se sent esclave et dépendant.

Pourtant c’est bien ce pouvoir qui règle en grande partie notre vie quotidienne et qui nous dicte ce qu’il faut faire dans presque tout les domaines.

Bref un vrai sentiment d’impuissance et le sentiment désagréable de cautionner ce système en y apportant sa voix.

Et cependant reste gravé en moi ce sentiment que cette infime voix est un peu plus utile en s’exprimant qu’en restant muette.

Alors voter pour qui ? Ceux qui veulent détruire le système ? Ceux qui semblent les plus habiles ? Ceux qui veulent profiter de l’occasion pour utiliser une tribune et s’exprimer sur un sujet particulier ?

Ou alors faire profiter de sa voix, celui qui semble le plus honnête et dont les idées semblent les plus proches des miennes ? Mais un seul homme peut-il insuffler une volonté nouvelle dans tout un appareil ?

Mon Dieu que tout cela est difficile ! Pour l’instant je vais aller au jardin, arroser et planter, réfléchir aussi à tout cela. Mais j’avoue que l’image des miens, de mes amis, leurs préoccupations quotidiennes, voire mes inquiétudes de politique municipale prennent bien plus de place dans mon cœur et dans ma tête en ce moment que ces considérations de politique européenne tellement lointaines.

Après il reste Saint Benoît. C’est un des saints patrons de l’Europe (avec Cyrille et Méthode je crois). Il se trouve que j’aime bien ce grand homme et ses sages visions d’organisation si paternelles et affectueuses. Alors je crois que je lui demanderai de guider mon choix.

Je viens de réaliser que j’ai écrit un billet un peu sentencieux et « casse-pieds ». Je t’en demande pardon ami lecteur. Passe quand même une bonne journée.

Je te promets d’être plus léger à l’avenir.