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15 heures. Il fait chaud dans tout le village. Dans la salle des fêtes où ils ont déjeuné, il règne une sorte de torpeur comme après les repas de fête autrefois.

La chaleur n’est pas sans évoquer celle de ces jours d’été de moisson. 

Ils sont nombreux, plusieurs centaines qui soignent amoureusement ces monstres de métal qui ont servi si longtemps. Ils les préservent au fond d’un hangar d’où ils les ont sorti pour les remettre patiemment en état. EUX, ce sont les tracteurs et autres machines agricoles, les témoins de leur enfance, du travail des champs, souvent leurs premiers outils.

Mon village est un village d’agriculteurs. Ils étaient autrefois nombreux et la maison que j’ai fut celle d’un charron devenu réparateur de machines agricoles.

Certains des machines qui sont là viennent peut-être de chez lui. Surtout les remorques, les charrettes et les machines annexes. Elles étaient malheureusement rouillées lorsque j’ai récupéré l’endroit et les restes sont allés servir dans une de ces associations d’amoureux d’un passé ...pas si lointain.

Mais là où , autrefois, une personne gérait quelques hectares, un seul s’occupe maintenant de plusieurs dizaines ...voire centaines. Nous sommes toujours dans un village d’agriculture...où il n’y a plus beaucoup d’agriculteurs. 

Mais ces machines sont là qui rappellent ce passé laborieux.

Est-ce la chaleur lourde ? Est-ce le bruit des machines ? Est-ce l’évocation de ce passé ? Mais j’ai retrouvé l’esprit des moissons de mon enfance. C’était dans une autre région où les céréales et l’élevage l’emportent. On entendait dès l’aube les allers-retours des machines. On voyait revenir les charrettes de bottes de pailles et celle de grains. Parfois d’anciennes charrettes de bois étaient encore attelées aux tracteurs. Parfois encore on ressortait les derniers chevaux pour utiliser toutes les ressources disponibles. Les corps étaient bronzés. On lisait sur les visages à la fois une grosse fatigue et le bonheur des greniers pleins.

Hier on avait sorti des modèles étonnants, des tracteurs très anciens, des machines à moissonner, d’autres plus étranges pour des usages que n’ignorent mais qui doivent correspondre à ce pays de vignes et d’arbres fruitiers.

Il y avait beaucoup de bruit. Sur les tracteurs ou dans les charrettes il y avait comme autrefois des familles mêlant tous les âges, des plus anciens aux plus jeunes enfants. Parfois un jeune père très fier tenait sur ses genoux un enfant radieux qui tenait le volant et conduisait l’engin.

Dans la salle des fêtes, on parlait fort, on riait fort. Les enfants couraient entre les tables. Une sorte de communion comme autrefois où le lourd travail à fournir l’emportait sur toutes les autres préoccupations.

Hier, ce n’était pas le travail. Plutôt la survivance d’une appartenance à la corporation de ....ceux qui nourrissent les autres. 

Je ne suis pas de ceux-là. Il faut remonter quelques générations en arrière pour trouver trace de paysans dans ma famille. Mais la marque reste longtemps et le respect de ces traditions y est encore solide.

Le matin j’assistais à la messe dans un autre village ou dans un brouhaha se tenaient premières communions et professions de foi. Un de ces jours où les églises sont encore pleines. 

Un peu comme si le hasard de la journée me rappelait successivement plusieurs souvenirs d’enfance.

Aujourd’hui la semaine reprend avec ce qui fut pour les « actifs » un grand « pont » du mois de mai. Mon jardin m’attend qui a besoin de soin.

Pour le reste « à chaque jour suffit sa peine.... »

Bonne semaine, ami lecteur.