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Il y a les normaux, les droitiers, aux ateliers rangés, aux papiers remplis à temps, jamais en retard, ...ni en avance, bien à l’aise dans le monde où chacun a sa place, les « choisis en premiers dans les équipes de foot », qui savent danser ou jouer de la musique....

Et puis il y a....  les gauchers, les maladroits, les « arriéres- gauches » récupérés en dernier, peut-être même chauves, myopes qui se cognent aux murs et qui enfoncent les portes ouvertes ou fermées. Ils ont des chiens ou des chats improbables et des voitures qui tombent en panne à la moindre occasion. Ils font leur latin pendant le cours de maths et les maths dans le train... et trop tard.

Ils sont trop maladroits pour être malhonnêtes et trop honnêtes pour être adroits. Ils ont peur de la nuit, du vieux grenier où le hibou se cache, de la grande dame qui punit les enfants insolents. 

Ils répondent à tort et rient aux mauvaises blagues et personne ne rie des histoires qu’ils racontent.

Alors ils partent aux pays des rêves où chacun marche à son pas et tient son destin bien en main. 

Ils découvrent que cette vie là est bien plus confortable. Ça n’arrange pas leur chemin sur la terre, les mauvaises notes, les trains ratés, les chèques oubliés, les pv impayés, les juges, les huissiers, les faillites.

Ils découvrent aussi qu’il y a toujours quelque part, quelqu’un pour eux. Je ne parle pas de Quelqu’un qui les regarde d´En-Haut et qui toujours pour eux est prêt à pardonner.

Non je parle de quelqu’un, l’ami, l’exemple, le voisin bienveillant, ou mieux encore Celle qui leur donnera sa vie en partage en prenant sa part de la sienne.

Ils se mettent alors à compter dans une étrange comptabilité où les petits sont grands et où pauvres sont les riches, où les doux sont vainqueurs et les vainqueurs tendres, où ce qui mène le monde s’appelle tendresse et pardon.

Dans ce monde chacun a sa place.

Ils cultivent des jardins, ou écrivent des poèmes, ou sifflent, ou chantent des chansons.

Ils aiment les cassés, les santés vacillantes, les sans-noms, les sans-dents, les sans-logis, les sans-joie.

Ils savent trouver au fond du plus sombre l’étincelle qui l’éclaire et lui donne la lumière.

Mon Dieu qui aimez tant le monde que vous fîtes... et les hommes et les femmes et les oiseaux et les jardins....

Faites que je sois l’un de ceux-là.

Et il y eut un soir...et il y eut un matin.

Bonne journée ami lecteur.