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Il fait gris en Provence, ce qui n’empêche pas au jardin de voir « verdir » et grossir les légumes. 

J’avais ce vendredi matin décidé d’aller à mon monastère préféré. Un endroit merveilleux accroché au pied du Ventoux, un peu chamboulé en ce moment car promis à des travaux d’importance. Peu de monde à la messe de ce matin là. Un moment propice au recueillement. 

La sagesse des conseils d’un moine, la merveilleuse ordonnance d’une liturgie millénaire, la splendeur d’un paysage. J’avais aussi eu envie de silence « médiatique » et du lever du jour au repas de midi, j’avais laissé non sans effort tablettes, radios et téléphones pour me ranger à ce sage conseil de silence qui nous manque trop.

Un rapide passage en mairie, un après midi consacré à la lecture et au jardinage, le repérage d’une pompe qui me donne du souci. Et c’était déjà l’heure de SON retour et le soir promis au théâtre.

Une pièce « d’amateurs », quelques amis qui jouent dans une de ces petites salles du festival « off » d’Avignon. « Salle des pas perdus », c’est le nom de la pièce. Une œuvre intéressante, des acteurs maîtrisant parfaitement un art qui n’est pas leur « métier » d’origine. C’est passionnant de voir ces doubles vies. Ils sont juges, retraités, professeurs, boulangers, maçons...que sais-je ? Et pendant quelques heures par semaines ils apprennent à devenir acteurs. Ils apprennent des textes, s’imprègnent d’une pensée, se plient à une direction et à une mise en scène. Ils assurent même les décors et l’organisation de la salle. Une savante métamorphose qui nous donne au final un très beau spectacle. On est ému, on rit, on applaudit, on bisse.

J’avais cette semaine relu (ou peut-être simplement lu) les fâcheux de Molière, espérant y trouver l’évocation de quelque modèle de fâcheux (on dirait aujourd’hui plus vulgairement un « emmerdeur », car notre langue s’est appauvrie autant que notre époque).

J’y trouvai mon compte et bien au-delà. J’ai passé beaucoup de temps en plus de la lecture à rechercher quelques adaptations modernes de cette œuvre.

Je me disais qu’il est si amusant de voir combien les caractères des hommes changent peu au cours du temps. J’imagine que les fables antiques d’Esope ont la même saveur...mais je ne les connais pas.

J’aime cette intemporalité du théâtre qui s’attache au plus profond des hommes, qui est fait de cette pâte que je préfère : l’humanité. 

Pas besoin d’effets spéciaux, ni rien d’autre d’artificiel, l’homme porte en lui des richesses fantastiques et même si le monde d’aujourd’hui essaye de nous le cacher derrière du bruit et des millions d’images, de le maquiller, le dissimuler derrière les pires caricatures, l’homme reste le modèle que j’aime le plus au monde.

Bravo mes amis « acteurs ». Ce fut un plaisir que d’aller vous voir jouer.

Mais ce matin je n’ai pas trop de temps pour écrire. Le jardin, un mariage, l’anniversaire d’un ami prêtre, un week-end qui s’annonce agréablement chargé.

J’espère simplement y trouver le temps de voir apparaître sur mon écran, la « bouille » joyeuse d’un de mes petits-enfants où entendre la voix d’un des mes enfants éloignés....et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Je t’embrasse, ami lecteur, passe un bon week-end.