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A l’heure où j’écris ces lignes, ami lecteur, je termine un week-end en Beaujolais.

L’ainée de mes filles vit dans ce beau pays de pierres dorées et de coteaux de vignobles.

J’étais chez elle pour fêter à la fois son anniversaire et le mien, un moment délicieux où avancer en âge est occasion de fête.

Ma famille est éclatée dans le monde entier mais nous retrouver à trois était déjà un vrai bonheur et une filleule et son mari vinrent nous rejoindre pour partager ce repas de fête.

Ce jour d’anniversaire est un jour béni où nombre d’amis et de membres de sa famille se rappellent à vous et par un geste, un coup de fil, un message, un cadeau ou simplement parfois une pensée ou une prière vous rappellent que vous existez et qu’ils vous aiment.

C’est une de mes questions existentielles : Lorsque dans ce qui est censé être « une vallée de larmes » un grand nombre de bonheurs petits ou grands vous arrivent, qu’en sera-t-il à l’heure du Jugement ? 

Je veux croire à une Divine Indulgence pour n’avoir à présenter en échange que si peu de ferveur et tant de médiocrité.

Mais revenons à ce délicieux week-end. Le vendredi soir avait été court comme ces soirées du mois de juin où les vacances approchant multiplient les dîners de clôture de chaque activité. L’heure de revoir des amis, de se décrire nos projets de vacances qui sont le plus souvent projets d’accueil pour des enfants  et petits-enfants. Couchés tard, il avait fallu préparer maison et jardins à ces trois jours de canicule prévus pour que le soleil de plomb n’ait pas raison des premières plantations.

Décrire un voyage sur l’autoroute un samedi de grande affluence n’est pas bien intéressant. Nous n’aimons guère ces grandes affluences d’autos sur des routes encombrées. Nous préférons le plus souvent décaler nos déplacements mais notre monde qui se remplit de voitures devient maintenant de plus en plus compliqué à circuler.

La récompense est au bout du chemin. Partager cette belle région où vit notre fille, ces paysages merveilleux. Vivre deux jours avec elle. Visiter ces endroits aux beaux châteaux, aux solides maisons de pierres dorées accrochées aux côtés de vignes. Observer les premières grappes, espérer que la grêle annoncée en ces jours de chaleur sera sans dégâts.

L’effet des catastrophes naturelles sur l’agriculture est un des derniers moyens de nous ramener à l’humilité, au constat de notre impuissance. Il y a longtemps pourtant qu’il n’y a plus d’agriculteurs dans nos familles mais leur sort dans ces moments nous préoccupe toujours au moins pour nos quelques amis qui continuent ces nobles activités.

Nous avons en particulier visité ce « Clochemerle » reconstitué dans un village. Une belle évocation de belles pages d’écriture dans cette entre-deux guerres agricole et « Gauloise ». J’ai depuis mon adolescence relu plusieurs fois « Clochemerle » et de nombreux autres ouvrages de Gabriel Chevallier dans une belle édition ancienne illustrée par Dubout. J’aime cette écriture et ces sujets. Nous avons transmis le livre à notre fille en Beaujolais. Et là tout ce village est la reprise grandeur nature de ces pages.

Pourtant les petites mesquineries de politique villageoise sont malheureusement intemporelles et menacent même les villages de Provence ! Et je les vois arriver à grand pas avec les prochaines élections municipales. Ah, il y aurait beaucoup à dire sur les petits calculs des hommes pour arriver au pouvoir, ou le garder ! 

Mais voilà ce matin est jour de retour et je dois te laisser, ami lecteur, pour m’y préparer. 

A l’heure de ces vacances qui approchent et mettent la France en demi-sommeil j’aurai peut-être moins l’occasion d’écrire et toi de me lire...alors je te souhaite pour ces instants de nombreux petits bonheurs.