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Mon expérience militaire s’est arrêtée un peu avant la porte de Saint-Cyr et c’est quelque chose que j’aurai longtemps regretté si je ne m’étais pas consolé en me disant que, dans la lande bretonne, je n’aurai jamais rencontré...ELLE et que ma vie aurait certainement perdu au change.

Il me reste de mes années de « prépa » de bons et fidèles amis....et quelques mots de vocabulaire que j’ai découvert à l’occasion.

« Crapeauteux » est de ceux-là et résume bien mon état de cet après-midi. Un mélange de paresse et de fatigue qui vous rend presque « liquide ».

Bref un après-midi à ne rien faire, à ne même pas prendre la peine d’aller se baigner, à se traîner de fauteuil en fauteuil. Un ennui profond, la lecture superficielle de quelques dossiers...et de bandes dessinées.

Un état proche de ceux qu’on a connu pendant l’adolescence où l’on est paresseux.... même pour les choses qu’on aime.

Je pourrai me justifier par cette chaleur caniculaire...mais elle dure depuis assez de temps pour ne plus être une excuse. Ou alors par une matinée de négociation dont le ton n’était pas de ceux qui me plaisent.

J’aime la courtoisie, le verbe léger, la négociation apaisée...je déteste les rapports de force.

Mais ce serait faux. Non ! J’ai juste été paresseux ...sans raison. ELLE, qui sait que l’ennui me conduit parfois à une certaine forme de neurasthénie, s’est acharnée à me suggérer des choses à faire, que je refusai aussitôt.

Non ! paresseux, même pas par plaisir, presque par nécessité. Quelques heures vraiment perdues, comme un luxe qu’on se donne.

Je voulais terminer cette pause par quelque chose qui me plaise vraiment et c’est ce que je fais en vous écrivant.

Je déteste ce siècle « utile », « rentable », « performant ». J’aurais aimé être quelques siècles en arrière, assuré de n’avoir pas besoin de gagner ma vie, être juste occupé à ...s’occuper à des choses inutiles et sans aucun intérêt économique.

Je crois hélas que ça n’aurait pas été possible et qu’il y a dans mes ancêtres plutôt des références besogneuses... mais rien n’empêche de rêver.

J’aurais aimé voyager, cueillir des expériences et les raconter, m’asseoir avec vous, vous écouter, raconter des histoires que j’aurais recueilli ailleurs. J’aurais voyagé avec ces modes de transport lents et élégants. J’aurais écrit quelques notes dans des carnets de beaux papiers sur un bureau de campagne (celui dont je rêve est celui que fit Vuitton pour la Croisière Jaune). J’aurais suivi Raspail en Patagonie, ou Tesson à d’autres bouts de monde.

J’aurais rencontré des gens riches en couleurs, dormi dans des endroits impossibles, été malade puis guéri, puis adopté par une tribu indienne.

J’aurai enfin construit le bateau que je dessine depuis le collège dont je connais chaque endroit et où je me réfugie parfois dans mes insomnies.

J’aurai repris ma deux-Cv et j’aurais continué ce tour du monde entrepris il y a si longtemps.

J’ai tellement aimé enfant cette paresse qui me fit lire tant de livres sous le regard des pions ...plutôt que de faire mes devoirs utiles.

Voilà c’est fait. Je vais dans quelques instant arrêter cette pause et LA retrouver avec Bonheur, ainsi que ma vie quotidienne, que je vous raconte souvent  au point de vous lasser peut-être.

Donc il me reste à vous remercier de votre patience et à vous souhaiter une belle soirée.

À bientôt.