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« Ce qui est important dans la vie c’est de dire qu’on l’aime à la femme qu’on aime et le plus souvent possible de dire la vérité. »

 

Jolie citation, un peu approximative, tirée du film « Yesterday ». Un film anglais délicieux. 

J’avais envie de partager avec toi, ami lecteur, cette phrase pleine de saveurs exquises. Il est un âge où toutes les énergies ne sont plus épuisées par la recherche du pain quotidien et où l’on peut voir les choses avec un peu plus de distances.

Je pensais à ça hier soir, assis dans la chaleur du soir, sous le grand hangar de tôles qui est devenu notre salon d’été. L’importance des choses de la vie nous apparaît parfois un peu tard. Et il reste parfois assez peu de temps pour tenter de les remettre dans l’ordre. Il faisait encore trop chaud mais dans la nuit qui tombait peu à peu il y avait d’abord eu beaucoup d’hirondelles dans le ciel, puis les chauves-souris les avaient remplacées pour la plus grande curiosité de notre petite chatte qui suivait du regard leurs vols successifs.

J’avais tondu et on sentait l’odeur de l’herbe fraîche. Autour de nous un silence léger régnait dans le village. J’avais eu des nouvelles de tous nos enfants et de quelques amis. Bien sûr il n’y avait pas que des bonnes nouvelles et nous avions quelques inquiétudes pour certains d’entre eux et il y avait aussi quelques ombres dans nos vies.

Je réfléchissais à l’avenir et à l’attente d’un paradis que j’ai du mal à imaginer. Serait-ce ça...en mieux ou quelque chose qui n’a rien à voir. Je ne sais. Nul ne sait. Dieu le sait. 

Ce film vu la veille me revenait en mémoire. Un monde où plus personnes ne se souviendrait ni des Beatles, ni du Coca, ni de Harry Potter. Idée amusante de ce cinéaste Irlandais dont j’ai aimé quelques films. J’ai parfois l’impression que notre monde s’est tellement transformé en quelques décennies que plus personne ne se souvient de ce qu’il était dans notre enfance. Une France un peu euphorique et riche qui sortait de la guerre et qui se sentait capable de tout. Puis les modèles de mon enfance se sont effacés. Les « familles modèles » de mes livres de « lecture » où Pipo lisait un livre pendant que Papa revenu du travail fumait sa pipe et pendant que Maman veillait au bien être de tout ce petit monde. Il serait difficile de définir ce qui les a remplacé.

Le temps qui passe préserve un peu des modes du moment et ramène vers l’essentiel. Et l’essentiel il est dans cet phrase en introduction.

« Dire qu’on l’aime à la femme qu’on aime et dire la vérité dès que c’est possible. »

Peut-être rajouter « dire qu’on les aime à tous ceux que l’on aime et essayer de faire la paix avec ceux que l’on n’aime pas...ou qui ne nous aiment pas...aussi si vent que c’est possible. »

Ce billet est peut-être un peu décousu. Je l’ai écrit en plusieurs fois ce qui est assez rare. Entre-temps il a fallu tenter de réparer une pompe qui fait des siennes en pleine canicule, s’occuper de son jardin, s’inquiéter du sort de nos amis malades (attendre les bonnes nouvelles et redouter les mauvaises), essayer de maintenir un cap dans un projet compliqué où tout le monde met son grain de sable et contribue au déséquilibre (ah ! L’ego des hommes , quel horrible maître !), se réjouir avec force des examens réussis (en particulier du C.A.P de pâtissier de ma seconde fille), attendre des nouvelles de ceux du bout du monde ou notre jour est leur nuit et notre été leur hiver, assister impuissant à l’assassinat programmé d’un homme dont le seul mal est d’etre gravement handicapé et victime de la justice des hommes, surveiller le jeu d’un chaton, repeindre une cabane....

Bref ! La petit vie d’un petit homme qui se rappelle qu’il écrivit ses premiers billets lorsqu’il était « un petit homme en rose ». Il s’agissait alors d’essayer de protéger un modèle de famille....mais depuis c’est la lente dégringolade de l’abandon d’un modèle commun dont je vous parlais au début.

Heureusement du haut du Ciel, Dieu connaît la fin et cette fin sera belle malgré nos égarements.

Mais dites-moi, mon Dieu, si Vous pouviez reprendre un peu la main et nous ramener comme un Père dans les chemins que vous avez tracé pour nous.

C’est ce soir mon souhait le plus cher.

Et toi lecteur qui me lit avec amitié et peut-être tendresse que Dieu te garde en santé jusqu’après les vendanges.