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Dans la paix d’un été,maintenant bien avancé, la maison est plutôt calme.

Nous sommes sortis des grosses périodes de canicule et, même s’il fait encore bien chaud, la vie est redevenue supportable.

Nous avons deux de nos enfants à la maison. Deux adultes qui goûtent la paix dans un village calme ....bien qu’animé par la fête votive.

Un moment paisible de vacances où le plus souvent les journées sont rythmées par un passage au jardin lorsque la maison dort encore, quelques travaux de bricolage, une sieste digestive, un saut à la piscine et le jardin encore. Quelques promenades dans notre beau pays de Provence viennent ajouter une petite touche de découverte.... ou de redécouverte. 

Ainsi le beau jour de l’Assomption nous a mené pour la messe dans une jolie petite église au pied du Luberon et, l’après-midi et le soir,  nous explorâmes les « Basses-Alpes » (maintenant de « Haute-Provence »). Rustrel et ses ocres, Banon où nous dinâmes, un petit passage dans Saint Michel l’observatoire...pas assez obscur à cause de la lune pour que nous puissions y voir les étoiles.

Le soir, tard, je rejoignais la fête que j’arpentais avec un ami aux heures ou les esprits s’échauffent, petite mission d’élu que j’exécute  avec le sentiment que ce sont peut-être les dernières fois.

Les « presque-six-années » de ce mandat m’ont fait connaître beaucoup de nos habitants et ces veilles sont riches de rencontres. Ça peut paraître un peu prétentieux de le formuler ainsi mais j’ai découvert un trésor humain dans ce proche voisinage que je connaissais trop mal.

La fête foraine est une activité qui va peut-être disparaître tant il y a de parcs d’attractions qui se construisent partout. Parents pauvres de ces grandes opérations elle permet cependant aux moins fortunés d’accéder à la fête. 

Ici, où une grosse population de gitans vit dans nos campagnes, ils sont nombreux à s’y rendre. Population très communautariste qui ne se mêle que rarement à la vie du village. Beaucoup d’enfants, quelques vieillards, des codes et une langue qu’on connaît trop peu....c’est étonnant de les voir là si nombreux.

Et j’en viens... au vertige.

Dans ce rythme paisible, tout à l’heure, au sortir de la sieste je me suis plongé dans la lecture de quelques magazines arrivés avec nos enfants. D’abord le constat que je suis très souvent loin des préoccupations qui remplissent ces pages. Je suis assez peu la politique, encore moins « le monde ». Je ne connais que très peu les célébrités qui remplissent ces pages...à l’exception des plus anciennes...vestiges d’une vie plus impliquée. J’ai un peu l’impression d’avoir perdu le contact, que mon monde est plus doux, plus apaisé....et tellement différent.

Je peux passer des heures à rechercher des informations sur la manière de produire du compost ou de tailler les tomates mais  les préoccupations des G7, 8, ou 9 (je ne sais plus les numéros) me passent très loin au dessus de la tête.

Et pourtant j’ai souvent l’impression d’une certaine utilité dans mes petites activités et tenter de mettre en œuvres des parcelles pédagogiques aux jardins ne me semble pas complètement étranger à la résolution de ces problèmes.

Il y a mille raisons qui me font détester Voltaire et pourtant son « cultivez votre jardin » me semble aujourd’hui d’une grande sagesse.

Demain notre « petite famille » nous rejoindra pour une dernière semaine avant de partir aux antipodes, dans ces pays où l’on vit la tête en bas. Je me réjouis déjà de revoir leurs sourires, de partager leurs jeux, de me rassasier de leur présence. 

Seul notre dernier nous aura manqué ces vacances,  ainsi que de faire  mieux connaissance avec cette amie qui l’a conduit à l’autre bout de la terre.

Heureusement il y a ces « réseaux sociaux » si décriés qui nous permettent un lien presque vivant. On parle de sa vie, de son travail, de ses loisirs...comme s’il était avec nous.

Et toi, ami lecteur, que deviens-tu ? J’espère que tu vis aussi ces petits bonheurs quotidiens, ces petits riens qui ne figurent jamais dans les magazines mais qui me semblent tellement plus précieux.

Lorsque je regarde l’origine géographique de mes lecteurs je découvre souvent des pays très lointains. Bonheur de savoir que mes mots sont partagés dans le monde, dans des pays d’autres langues, à d’autres heures où nous sommes parfois endormis. 

Ma trace sur terre sera un peu comme celle que laisse l’escargot... transparente mais visible...et cela me suffit bien.

Parmi vous il y a aussi, je le sais, des gens plus tristes, ou plus malheureux. J’espère que ce petit partage leur apporte un peu de cette lumière que le Ciel nous envoie.

Il y a peut-être un peu d’orgueil à penser que, sans savoir le pourquoi des choses, on se sent aimé personnellement par un Être puissant et compatissant. Et je regrette souvent que trop peu partagent ce sentiment. J’aimerais vraiment diffuser cette chaleur, au moins le bien-être qu’elle procure souvent.

Et c’est ainsi que je veux conclure en te souhaitant, mon ami, de sentir toi aussi tout le bien de ces choses.

Je t’embrasse. Bon week-end.