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Il est onze du soir dans la belle ville de Cadix. Dans les ruelles qui bordent le port la vie s’est assagie. On tarde à rentrer à l’hôtel. Et là, au pied de la cathédrale quelques terrasses de cafés sont encore éclairées où l’on parle fort et où l’on rit tout autant. Nos regards sont attirés par deux grandes tables voisines. Sur l’une d’entre elles des femmes échangent  joyeusement. Sur l’autre des hommes s’affairent à accorder toute une série de guitares ou d’instruments à cordes. On se prépare...de la contrebasse au yukulélé en passant par des banjos, des mandolines et d’autres instruments inconnus.

Et à notre approche, comme par enchantement, sortent les premières notes, ...puis des voix. Tour à tour un chanteur ou un instrument semble prendre à témoin l’ensemble du groupe et à chaque adresse succède une belle réponse. Je ne comprends pas l’espagnol mais on devine que l’on parle de pays, de terre, d’amour, de vin et de récolte. Autour de nous, d’autres passants  se sont arrêtés qui reprennent les chants que chacun semble connaître. En même temps les serveurs dressent la table pour un repas. On échange quelques mots entre deux couplets. Suffisamment pour que le groupe comprenne qu’on est français et nous entonne une merveilleuse Marseillaise que nous reprenons à l’unisson.

On rit en tentant maladroitement de se comprendre.

Une femme vient de se lever de la « table des femmes » et rejoint le groupe. Elle murmure quelques mots à l’oreille du contrebassiste et un nouveau morceau démarre qu’elle rythme avec les castagnettes et les mouvements de son corps.

On comprend que c’est un groupe d’amis qui se retrouvent là tous les ans et que le lendemain ils se rassembleront avec d’autres pour une sorte de festival.

On écrit quelques mots sur leur livre d’or.

Puis le serveur du doigt indique discrètement qu’il faut se taire pour ne pas déranger les voisins et remplit les assiettes. C’est l’heure du repas. Une autre forme de bonheur.

Le moment pour nous de continuer en silence nos promenade nocturne sous le charme de ce moment.

L’Andalousie est un pays plein de délicatesse où les habitants sont charmants. Si j’ai choisi cet instant c’est qu’il illustre bien ces moments magiques que nous avons vécu. Quatre couples d’amis en vacances.

J’avais un ami guitariste qui parlait de l’Espagne avec beaucoup d’affection. Je me demandais pourquoi et j’ai compris ce soir là tout ce qui avait pu le séduire.

Et moi, qui crois au Ciel, j’ai senti là comme un clin d’œil, comme un souffle de vent, comme un rappel, comme s’il me murmurait à l’oreille.

« Maintenant mon ami, tu comprends... »

Je suis revenu. J’ai retrouvé le village que j’aime et ma maison aussi. J’ai encore quelques cartes postales dans mon cœur et comme je dessine trop mal, j’essaierai de les raconter.

Bonne semaine, ami qui me lit. Je suis content aussi de te retrouver.