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Un soir d’octobre. La route depuis Cordoue nous a permis de longer la vallée du Guadalquivir et ses cultures prospères que nous sommes allés découvrir sur un de ces promontoires couronnés de forteresses qui rappellent le passé militaire de ces endroits. 

Nous arrivons dans la soirée.  Un appartement charmant dont la terrasse permet de contempler l’église voisine et une superbe frise de personnages grotesques qui soutiennent les corbeaux de la toiture. Notre conducteur mettra longtemps à trouver un parking et nous mettons ce temps à profit pour traîner dans les rues avoisinantes. C’est le moment où vivent les villes. La fin du travail et la fin de l’école. Le temps des « courses » du soir dans les nombreux magasins ouverts tard dans la soirée. Ce rythme de famille qui se retrouvent et de quartier qui vivent dans la rue le rappelle le rythme de mon enfance. L’Espagne (en tous cas l’Andalousie) semble avoir conservé cette vie de quartier et de village qu’on a hélas perdu chez nous. Beaucoup de petites boutiques, beaucoup de monde à l’intérieur. On parle fort et il y a une sorte de joie qui se dégage de ce moment. 

Les églises sont presque toutes ouvertes et éclairées. Je ne sais pas si c’est le cas tous les soirs car il semble que nous soyons en temps de procession. Des vierges trônent parées de leurs plus belles robes et de leurs plus beaux bijoux. C’est la semaine de la Vierge du Rosaire, une fête importante pour les espagnols qui se traduit par des processions. Nous l’ignorions mais ces baldaquins décorées et ces vierges portées en procession qui attendent maintenant dans les églises de retrouver leur place ont quelque chose de très émouvant qu’on ne saurait décrire simplement.

Lorsqu’on voyage en groupe tout le monde ne ressent pas les mêmes émotions et le temps nous est compté pour ces moments de dévotion. Mais l’émotion persiste au delà des trop courtes visites.

Je ne sais pas si l’Espagne est resté un grand pays catholique. Ce qui est certain c’est que la foi reste apparente et qu’il ne semble pas y avoir comme en France, une espèce de sacralisation de la laïcité qui tend à bannir l’expression religieuse. Notre pays manque peut-être de simplicité.

Autre image, autres émotions : bonheur des vacances. Parents et grand-parents de famille plutôt nombreuses nous n’avons que rarement le temps de vacances...pour nous, pour notre seul plaisir. C’est dire combien nous goûtons pleinement cette parenthèse andalouse.

Écrire et raconter ces moments est pour moi une façon de faire « durer le plaisir » et j’espère, ami lecteur, que je ne t’ennuie pas avec mes récits.

J’ai repris hier les activités de mairie. L’ambiance que j’y trouve y est plutôt morose en ces temps de préparation d’élection, temps de secrets, d’intrigues et de mystère où chacun s’épie et où le mensonge s’installe. Temps de désillusion aussi où les petites ambitions ou les intérêts personnels l’emportent sur l’intérêt collectif. Lorsque le mensonge s’installe et avec lui le secret très vite l’union d’une équipe devient rassemblement de complicités. Bref, j’ai aussi besoin d’écrire ces vacances pour garder intacte mon envie de servir jusqu’au bout de ce mandat.

Pardon de ces quelques lignes un peu moroses. Promis, je reprendrai demain le récit lumineux de ce temps de vacances où nous avons été comblés de belles et bonnes choses.

Bonne journée mon ami.