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« Sentenil de las bodegas » est un de ces pueblos blancos, ces villages blancs qui surveillent les vallées ou, au contraire, se terrent au fond de vallées difficiles. Ils occupaient des positions stratégiques pour contrôler de vastes territoires et on comprend que leur reconquête n’a pas dû être facile. 

Entièrement blanchis à la chaux et comme incrustés dans le rocher, certaines de leurs maisons ou de leurs caves sont même troglodytiques.il se dégage un charme fou de ces villages. Nous en avions visités quelques uns la veille et le jour de notre retour nous décidâmes de continuer cette découverte.

Nous arrivâmes à Sentenil en fin de matinée, c’était un samedi et jour de fête nationale. Il y avait beaucoup de monde dans les rues de la ville mais nous décidâmes de nous arrêter là.

Un vrai petit morceau de chance ! Nous arrivions par le haut du village et dès la première place rencontrée, un curieux attroupement de personnages déguisés et de chevaux prêts pour une parade. Ce sont des habitants du village, certains sont déguisés en maures, d’autres en chrétiens et ils vont comme chaque année, représenter la reconquête de la ville. Ils sont nombreux à être costumés, de tous les âges, de jolis costumes portés avec élégance. Leurs amis et leurs familles les suivent au plus près et le long du chemin ils échangent quelques mots et quelques sourires avec ceux qu’ils croisent. Une joyeuse ambiance de kermesse, de communauté, de famille et de simplicité. Les cortèges se séparent les chrétiens d’un côté, les maures de l’autre. Ils se retrouveront au bas du village pour un combat qu’hélas nous ne pourrons suivre, faute de temps. Pendant toute la marche de gros pétards d’artifice simulent des coups de canons.

Ce n’est que plus tard en me documentant que je saurai que ces fêtes existent en de nombreux endroits dans ce pays qui a vécu tant de siècles d’occupation. Ces villages sont si beaux et portent dans leurs noms et dans leur murs les souvenirs de ces passages maures. Ce pays est assez grand pour continuer à fêter cette libération sans états d’âmes, simplement. Aujourd’hui les habitants figurent les maures aussi bien que les chrétiens et portent certainement dans leurs gènes un peu du sang de chacun.

Nous n’avions pas prévu cette fête et le temps compté pour rejoindre notre avion nous empêchera de le vivre en entier. Mais qu’importe ! Ce clin d’œil supplémentaire enrichit un ensemble de souvenirs délicieux.

Il y a beaucoup à dire encore sur cette belle semaine Andalouse où le temps nous a semblé si court et où nous avons partagé tant de bonnes choses.

Parce que le « nous » ce sont quatre couples aux amitiés anciennes et consolidées au fil du temps, contents d’une pause dans leurs vies, toujours prêts à rire comme des potaches ou à se taquiner, prêt à vivre intensément ces petits moments de bonheur dont on se souviendra longtemps. Un voyage où chacun prit part à l’organisation avec l’envie de remplir au mieux ce temps.

Donc tu comprendras, ami lecteur, qu’il le faudra du temps pour épuiser le sujet.

J’espère que ça ne t’ennuies pas et je te souhaite une bonne journée.

https://www.youtube.com/watch?v=YklVCHkCRt8